Evacuation du 96/98 avenue Paul-Vaillant-Couturier

Publiée le 18 mars 2022

Evacuation du 96/98 avenue Paul-Vaillant-Couturier

Immeuble danger effondrement

Un immeuble du quartier de Quatre-Routes qui menaçait à terme de s’effondrer a été évacué le vendredi 18 mars au matin.

C’est un immeuble anodin, quoique décrépi, du quartier des Quatre-Routes. Situé au 96/98 avenue Paul Vaillant-Couturier, de l’extérieur il comporte trois commerces dont un café en angle et 14 logements (accessibles sur rue ou par la cour). Spontanément, on n’imagine donc nullement qu’il puisse venir à s’effondrer. Et pourtant, un arrêté de mise en sécurité d’urgence a été pris à la suite de plusieurs investigations dont une par un expert judiciaire, révélant, entres autres, une fragilité majeure des planchers et d’une canalisation au gaz collective. Cet arrêté prévoit, de fait, l’interdiction à l’habitation de tout le 98 av. Paul-Vaillant-Couturier et d’un logement supplémentaire au 96 Paul-Vaillant-Couturier (trois étant déjà interdit à l’habitation et évacués à cette adresse) et enjoint les habitants concernés à quitter les lieux sous 48h.

À l’origine des mesures de police administrative et de la coordination des interventions de sécurisation de l’immeuble, la Direction de l’Habitat, de la Salubrité et de la Prévention des Risques a travaillé de façon rapprochée avec les autres directions pour organiser l’évacuation dans les meilleurs conditions. Cet immeuble fait l’objet d’une 3ème intervention d’urgence en moins d’un an, et la dégradation importante des réseaux, des planchers, façades, fenêtres et cages d’escalier appellera inévitablement à d’autres interventions pour remédier durablement à la dangerosité et à l’insalubrité des lieux.

Il est toujours traumatisant de devoir quitter son logement. Aussi, la municipalité a tenu à préparer en amont la démarche avec les propriétaires et les locataires. Sabrina Nebbou, directrice de l’action sociale, également sur place ce matin-là, se félicite donc que « dès le passage de l’expert, la Direction de l’Habitat, de la Salubrité et de la Prévention des Risques a travaillé avec le syndic, si bien que depuis lundi (14 mars), les occupants savaient qu’ils devaient quitter les lieux ».

Cette opération de police se veut préventive plus que curative

Du coup, ce vendredi 18 mars à 9 heures, la police municipale intervenait, en présence des services de la mairie et de Didier Broch, adjoint au maire, pour l’évacuation. Grâce au travail effectué, la plupart des personnes étaient déjà parties. Il est vrai qu’une portion était vide parce qu’occupée illégalement, ses habitants s’étant éclipsés avant l’arrivée de la police.

Eddy Martin, responsable de la police municipale, explique que cette opération de police se veut préventive plus que curative. Ainsi, « le rôle de la police municipale n’est pas d’expulser les gens manu militari mais de constater la fermeture, tout en accompagnant les personnes, et aussi en s’assurant que personne ne pénètre à nouveau dans les lieux ». C’est pourquoi, en plus d’un contrôle régulier effectué par ses équipes, des plaques sont posées et des portes anti-effractions ont été placées à l’entrée des logements, pour éviter toute possibilité de squat.

La mairie s’est employée à trouver des hébergements aux personnes ainsi privées de logement. « C’est une obligation du bailleur de reloger ses locataires », tient à préciser Sabrina Nebbou. Mais si le bailleur refuse de la faire, le maire se substitue à celui-ci pour les mettre à l’abri avec une solution d’hébergement temporaire. « L’absence de logements-tiroirs nous oblige à prendre en charge des nuitées d’hôtel, suite à quoi nous menons une action en recouvrement auprès du bailleur », ajoute-t-elle. En revanche, pour les propriétaires, le maire n’a pas d’obligation de mettre à l’abri. « Mais, exceptionnellement, affirme la directrice de l’action sociale, nous avons pris en charge trois nuits d’hôtel pour un propriétaire-occupant ». Au total, six personnes, dont une famille, vont bénéficier de l’hébergement à l’hôtel, en attendant qu’une solution plus pérenne soit trouvée. Le soir du vendredi, personne ne dormait à la rue.

 

Texte : Nicolas Liébault ; photo principale : Léa Desjours ; photos ci-dessous : direction de l'habitat, de la salubrité et de la prévention des risques / Ville La Courneuve.