Ces précieuses Maisons pour tous

Ces précieuses Maisons pour tous

MPT

Le maire a rencontré des usagères et des apprenantes de français des Maisons pour tous Cesária-Évora et Youri-Gagarine. L’occasion de souligner leur utilité dans une situation sanitaire aux effets délétères pour le lien social.

LES USAGÈRES DE CESÁRIA-ÉVORA

 Tu veux qu’on fasse des “All Blacks” ? » Les usagères de la Maison pour tous (MPT) Cesária-Évora sont prêtes à accueillir le maire ce mardi 9 février au matin. Gilles Poux fait d’abord le tour de l’exposition de photos qu’elles ont réalisées et admire les banderoles confectionnées par les enfants. Dans une pièce attenante, on aperçoit les habits collectés pour les familles. Puis, on s’assoit dans le hall autour de gâteaux. En présence de Magali Chastagner, la directrice du lieu, la parole circule. Les usagères soulignent l’importance de la MPT pour rompre l’isolement. « Que faire à la maison toute la journée ? interroge l’une d’entre elles. Ici, c’est ouvert et on peut discuter, ça fait du bien. » Cela permet de récolter des nouvelles de la santé des autres habitant-e-s. Gilles Poux abonde dans ce sens : « Les Maisons pour tous sont des lieux nécessaires pour plus d’humanité car le Covid-19 a rendu les contacts sociaux difficiles. »


Une usagère déplore les difficultés qu’elle a pour payer son loyer et l’endettement que cela entraîne. Une autre remarque qu’il faut parfois attendre dix ans avant de bénéficier d’un logement social. Côté régularisation, pour de nombreux étranger-ère-s, c’est « Tapez 1… Tapez 2… On ne sait plus où s’adresser ! » Gilles Poux explique que la préfecture manque de moyens d’accueil, mais ajoute que la MPT peut recenser les personnes pour transmettre leur témoignage au Défenseur des droits. La réunion est l’occasion de partager d’autres soucis avec le maire. Et les usagères d’énumérer l’amoncellement de poubelles devant le futur cabinet médical, les eaux stagnantes qui charrient les papiers jetés devant Verlaine, le manque de places de parking du fait de la « mécanique sauvage », la peur engendrée par le conflit entre ces « garagistes » et les dealers. Gilles Poux enregistre ces demandes pour mieux apporter des réponses. 

MPT Gagarine

LES APPRENANTES DE YOURI-GAGARINE

Pakistan, Inde, Bangladesh, Égypte, Sri Lanka, Maroc… originaires du monde entier, les apprenantes de français se sont rassemblées le même jour à la Maison pour tous Youri-Gagarine flambant neuve pour dialoguer avec le maire. Carole et Nicolas, formatrice et formateur, sont présents. Élise Nivet, la directrice de la MPT, explique que les cours ont été adaptés : pas moins de douze groupes de deux heures par semaine se tiennent en lieu et place des six groupes de quatre heures. « Actuellement, soixante-quinze personnes bénéficient de ces cours, mais la liste d’attente reste très longue », pointe la responsable. Zineb habite en France depuis trois ans et demi. « Zineb ne parlait pas français lorsqu’elle est arrivée. Or aujourd’hui, elle est diplômée niveau A2 ! » s’émerveille Nicolas. Les participantes soulignent l’utilité de la Maison pour tous au-delà des cours de français. Nicolas les emmène par exemple aux Restos du Cœur pour qu’elles puissent s’y inscrire. À une apprenante qui déplore le prix élevé des masques, la directrice rappelle que la MPT en propose, en tissu homologués. Difficultés psychologiques, aide aux devoirs scolaires, précarité financière… la MPT soutient parents et enfants. Gilles Poux énumère certaines mesures comme les 100 euros pour les jeunes ou le futur bus d’accès aux droits. Face à la précarité, il remercie la MPT de faire remonter les besoins. Il invite aussi une apprenante à inscrire son enfant, qui est en CM2 à Louise-Michel, en classe de neige (départs espérés les 9 et 23 mars). Pour les adultes, la MPT prépare enfin un séjour de quelques jours pour trente personnes. Les MPT, c’est la solidarité pour tous et toutes. 

Textes : Nicolas Liébault ; photos : Thierry Ardouin