AESH : apprendre un métier, c’est aider un enfant

AESH : apprendre un métier, c’est aider un enfant

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À la rentrée de septembre, dix Courneuvien-ne-s ont été sélectionnés pour suivre une formation d’un an au métier d’AESH, accompagnant-e des élèves en situation de handicap. En quoi cela consiste-t-il ? Comment postuler ? Regards est allé demander aux principaux concerné-e-s. 

La cloche de 14h a sonné. Ce midi, les élèves de l’école Charlie-Chaplin ont eu droit à leur repas de Noël en cette veille des vacances, jeudi 17 décembre. Martine Vincileoni, directrice de l’établissement, presse ses petit-e-s de moyenne section vers la salle de classe. Cette après-midi, pas de sieste prévue. On a du pain sur la planche : il faut finir les chants de Noël, les cadeaux en pâte à sel et nettoyer les paillettes qui traînent par terre. Heureusement, Michèle Thibault est là pour aider. Habituellement, ce n’est pas du groupe tout entier dont elle s’occupe, mais d’un seul enfant, absent ce jour-là. Ce dernier est atteint d’un handicap, il a donc besoin de soutien pour suivre le rythme.

Un métier demandé

Aider les élèves en situation de handicap, c’est le rôle des AESH (accompagnant-e-s des élèves en situation de handicap), métier auquel se forme Michèle. On en compte plus de 60 000 en France. Leur mission : favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap. Ils-elles sont des acteur-trice-s clés qui contribuent à la mise en place d’une école pleinement inclusive, offrant à chaque élève de la maternelle au lycée une scolarité adaptée à ses besoins. En 2019, l’Éducation nationale indiquait que plus de 120 000 élèves du premier degré (maternelle et élémentaire) avaient besoin de cette aide précieuse. Malheureusement, ces dernier-ère-s ne sont que 60 % à en bénéficier, tandis qu’à La Courneuve, 130 enfants atteints d’un handicap ne sont pas accompagnés. C’est pour cela que la Ville a décidé de s’associer avec le Centre d’études et de recherche pour la petite enfance (CERPE) d’Aubervilliers en finançant la formation nécessaire. Un projet utile, défendu par Jésus de Carlos, coordinateur du Projet éducatif territorial, chargé de Cité éducative, un programme de labellisation entre la Préfecture, l’Éducation nationale et la municipalité. Mais alors, comment ça marche ?

À la rentrée 2020, dix candidat-e-s entre 19 et 55 ans ont été sélectionnés pour participer à cette formation. L’objectif des partenaires locaux : les recruter en octobre 2021 afin de pallier le manque d’AESH dans les écoles. La formation dure douze mois, ponctuée par trois stages de huit semaines, que les élèves peuvent effectuer en école, en Maison pour tous ou bien en centre de loisirs. Pourquoi en centre de loisirs ? Jesus de Carlos s’explique : « Le maire souhaite une continuité d’intervention des AESH entre les temps scolaires et périscolaires. Les enfants peuvent avoir une aide à la cantine, parfois juste après l’école. Mais il est important qu’ils puissent être accompagnés même pendant les vacances. »

Au plus près des enfants

Ce métier, Michèle Thibault est donc ravie de l’apprendre. Après avoir travaillé longtemps à la Boutique de quartier, cette Courneuvienne de longue date a décidé de faire sa rentrée en octobre. Et elle se sent comme un poisson dans l’eau : « Venir en aide et accompagner les gens, c’est vraiment mon point fort. La formation sensibilise au plus haut point à la condition des enfants atteints d’un handicap. » Martine Vincileoni confirme à quel point la présence de Michèle est bénéfique. Aussi bien pour l’école que pour l’enfant. « Michèle a tourné dans toutes les classes, mais elle a été adoptée par un enfant, raconte-t-elle. Et quand il y a de belles rencontres comme ça, c’est encore mieux ! » conclut la directrice.

Pour celles et ceux qui souhaitent suivre cette formation, rendez-vous cet été sur les réseaux sociaux de la Ville, au service Jeunesse ou au Pôle emploi de la ville. Des entretiens de présélection précéderont un oral et un écrit. Alors, bonne chance !

Texte : Cécile Giraud ; photos : Thierry Ardouin
 

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