Le Président Macron s’arrête à La Courneuve

Le Président Macron s’arrête à La Courneuve

Macron

Mardi 7 avril, le président de la République se rend en Seine-Saint-Denis, à Pantin et à La Courneuve, une rencontre annoncée le matin même.

 

La réunion avec le Président n’avait pas lieu au Centre communal d'action sociale (CCAS) comme on a pu le lire dans la presse, mais à l’hôtel de ville de La Courneuve, en présence de Gilles Poux, le maire, de Stéphane Troussel, président du Conseil départemental et adjoint au maire. Étaient présents également des membres de l’administration communale : Anthony Giunta, directeur général des services, Jean-Paul Garnier, directeur de Cabinet, Carole Lasnami, directrice générale adjointe en charge de la santé et du social, Pascal Ghariani, directeur général adjoint chargé de l’éducation, Julien Lebreton, médecin-chef du centre de santé Salvador-Allende, mais aussi Michel Chatron, responsable de l’antenne du Secours populaire français de La Courneuve ainsi que les représentants de l’État. À l’ordre du jour de cette réunion debout, respect des gestes barrières oblige : l’accompagnement des plus démunis, l’aide alimentaire, l’éducation, la santé. En ouverture des débats, Gilles Poux, le maire, a rappelé combien le département et la ville payaient le prix fort de cette pandémie. Aux difficultés sanitaires s’ajoutent des inégalités sociales très importantes, un manque de médecins, une grande précarité, sans oublier les problèmes liés à l’éducation. Le service public est très présent, en lien avec l’ensemble des acteur-trice-s, tout a été mis en place pour accompagner les habitant-e-s. Michel Chatron a expliqué la nécessité d’assurer les distributions alimentaires avec des volontaires car pas question d’ajouter de la crise à la crise. « Il y a ici une réelle solidarité, nous travaillons en lien avec la Ville et le Département, y compris en direction des personnes sans domicile fixe. » Le Président explique que l’État a pris des dispositions pour assurer leur hébergement : plus de 1 500 personnes sans domicile ont été accueillies dans des hôtels.

Les masques sont attendus mais n'arrivent pas

À La Courneuve comme ailleurs, la question des masques se pose : ils sont attendus mais n’arrivent toujours pas. Gilles Poux explique : « La Ville a dû s’appuyer sur des dons pour équiper les personnels mobilisés, y compris le Centre municipal de santé. » Julien Lebreton confirme avant d’expliquer comment cette crise sanitaire a modifié les méthodes de travail et renforcé les liens avec les médecins libéraux. Le directeur interpelle le Président sur le déconfinement et les tests. Emmanuel Macron rappelle que, avant de les généraliser, il faudra avoir une certitude scientifique sur leur efficacité. Sur la question de la sortie du confinement et la reprise de l’école, pas d’annonce, si ce n’est que celles-ci seront progressives et que la vie dans un premier temps ne repartira pas comme avant.

Instauration éventuelle d'un soutien scolaire durant la première quinzaine de juillet

Au cœur des échanges, l’éducation et l’école à la maison qui, comme le soulignent les membres de l’administration, n’est pas facile à mettre en place quand les familles rencontrent des difficultés avec la langue française, qu’elles ne possèdent pas d’équipement informatique. Ces mois sans classe risquent d’accentuer encore les inégalités scolaires et le décrochage de nombreux élèves.

La Ville ne manque pas d’idées et envisage d’instaurer un soutien scolaire durant la première quinzaine de juillet. Un projet qui retient l’attention du Président et qu’il pourrait mettre en œuvre dans certains territoires. Pendant plus d’une heure, les échanges ont été riches et tou-te-s ont noté une réelle écoute. Anthony Giunta insiste sur le rôle du service public local dans la gestion de cette crise sanitaire inédite et sur l’engagement des agent-e-s qui contribuent au maintien des services publics. Gilles Poux appelle le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour aider la Ville : « 43 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, les besoins sont immenses. Il faut redonner de l’espoir à nos populations, sortir de la spirale de l’échec. Les habitantes et les habitants ne manquent pas de ressources et méritent un bel avenir. »

Texte : Pascale Fournier ; photos : Thierry Ardouin