La tour Entrepose va revivre

Publiée le 2 oct. 2025

La tour Entrepose va revivre

Entrepose

La tour Entrepose, c’est une histoire aussi longue que la tour est… haute ! Il existe aujourd’hui un sérieux projet de requalification de cette carcasse.

Tout commence avec un nouveau quartier. Dans le cadre du projet dit « Résidence du Parc » au sein du quartier des Six-Routes, trois immeubles de 15 étages, comprenant 465 logements, sont livrés entre 1974 et 1975. Une deuxième tranche prévoit la construction du centre commercial et aussi de tours de bureau. Une seule sera construite, un immeuble de 8 453 m2 de planchers, haut de 80 mètres sur 21 étages, livré en 1979 au 15 rue Saint-Denis. Au départ, seules la MAIF et les Assedic y détiennent des bureaux. Au début des années 1980, la municipalité œuvre pour que d’autres activités puissent trouver place.

L’entreprise Entrepose TP, l’une des principales sociétés d’échafaudage françaises, vient de fusionner en 1982 au sein de GTM Entrepose et recherche des locaux. La Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) est réticente mais la pression du maire James Marson et de la députée Muguette Jacquaint emporte la décision. Ce sont près de 400 salarié·es qui s’installent en 1985, le bâtiment étant désormais occupé en totalité.

Un projet avorté

Mais GTM Entrepose étant intégrée dans le groupe Vinci en 2000, elle quitte la ville. En 2004, l’immeuble est alors racheté par la société civile immobilière Taagid Shenon, pour une somme dérisoire (480 000 euros). Cette société pensait y aménager un grand hôtel pour des Jeux olympiques à Paris en 2012. Mais patatras ! C’est à Londres que ces JO sont attribués. La SCI Taagid Shenon laisse la tour à l’abandon et devient introuvable, ce qui amène la collec-
tivité à multiplier les interventions.

Le contact est enfin renoué à partir de 2009 par le biais de Joseph Irani, adjoint au maire délégué au développement
économique et social (2008-2014), la municipalité cherche à relancer un projet d’installation d’activités. Cette urgence est d’autant plus forte que les riverain·es sont confrontés à de perpétuelles nuisances de la part de cet immeuble. Après de nombreuses discussions, le propriétaire s’engage à rénover d’abord les dix premiers étages. Mais
lors du contrôle de fin de travaux, faute de fonds, le propriétaire ne peut assurer les quelques corrections de mise aux normes. Le bâtiment est alors abandonné, un arrêté de fermeture pris par la mairie. Des squatteurs s’y installent malgré des évacuations régulières diligentées par la Ville.

En 2017, la tour est murée et ses vitrages, retirés. La mairie se substitue à plusieurs reprises au propriétaire pour des actions de sécurisation.

La tour au futur

Fin 2022, la SCI propose à la municipalité de lui vendre la tour à des prix astronomiques. En l’absence de solution à l’amiable avec les propriétaires, une procédure d’abandon manifeste de la tour est engagée par la municipalité en décembre 2021, ce qui permet une expropriation. Nous en sommes aujourd’hui à la phase de l’acquisition publique de la tour Entrepose en vue de la réalisation d’un projet de requalification.

Forte de l’ouverture de la gare du Grand Paris Express prévue à partir de 2027, la Ville à créer les conditions d’un développement d’offres commerciales, d’activités et de services. Le projet promu est un rez-de-chaussée et deux premiers étages dédiés à des commerces et à de l’activité artisanale, puis deux niveaux hébergeant un centre de santé privé et, au-dessus, une offre d’hôtellerie de 2 à 3 étoiles sur 12 niveaux ou une résidence étudiante. Une reconstruction des derniers étages laisserait place à des loisirs sportifs, sans oublier une brasserie au rez-de-chaussée. La tour n’a pas fini de nous étonner.

Texte : Nicolas Liébault ; photos : Léa Desjours

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