Cette start-up allie performance écologique et inclusion sociale, faisant de la « bataille pour l’emploi » une réalité concrète pour les Courneuvien·nes.
Sous la haute charpente du grand hall, les produits sont bien rangés dans des rayons en carton recyclé. À quelques mètres, les portants de chemises attendent une retouche ou un nouveau bouton-pression. Chaque mois, près de 30 000 pièces issues d’enseignes de prêt-à-porter, de maroquinerie ou de chaussures transitent par le centre pour être lavées, désinfectées, réparées et réhabilitées. En une dizaine d’opérations successives, les salarié·es de Reekom transforment les défectueux et les articles de seconde main en produits prêts à être portés à nouveau.
Ce mardi 3 février, l’entreprise a officiellement reçu le Prix 2025 de l’entreprise innovante de la Ville de La Courneuve. Il a été remis par Yankhoba Ly, étudiant en master 1 en développement durable, représentant d’un jury de dix jeunes locaux, et vient récompenser Reekom et son modèle de croissance verte qui profite directement au territoire.
Guillaume Perret du Cray, fondateur et ingénieur passionné, ne cache pas ses ambitions depuis la création de la start-up en 2022. « Nous voulons donner une seconde vie aux objets et une seconde chance aux personnes. » Arrivé sur ce site de 3 500 mètres carrés il y a un an, Reekom connaît une ascension fulgurante. « Avec notre courbe de croissance actuelle, nous pourrons bientôt traiter jusqu’à 100 000 pièces par mois », projette le dirigeant en levant les yeux vers le plafond de l’entrepôt qui culmine à 12 mètres.
Reekom séduit les grandes marques par sa traçabilité et sa maîtrise de nombreuses opérations manuelles. Son ancrage local impressionne la municipalité. Pour Laura Larrey, responsable de l’unité Citoyenneté et insertion à la Ville, cette collaboration est cruciale : « La bataille pour l’emploi est un engagement municipal pour interpeller les entreprises. Nous favorisons des réseaux directs entre les demandeurs d’emploi, les entreprises responsables et les acteurs de l’emploi. »
C’est par ce réseau qu’Oksana a trouvé sa place dans la start-up. Ancienne professeure de broderie en Ukraine, elle a rejoint l’équipe en août dernier grâce à l’appui de structures d’insertion locales. « Ici, je reprends les broderies abîmées et je répare les tissus et les cachemires. C’est une fierté de retrouver mon métier », confie-t-elle entre deux points de couture.
L’aventure ne fait que commencer. Avec une majorité de salarié·es issus de Plaine Commune, Reekom prévoit de doubler ses effectifs d’ici la fin de l’année, passant de 35 à 70 collaborateur·rices. Pour soutenir cette montée en puissance, l’entreprise recherche notamment des profils spécialisés, dont un cordonnier et des réparatrices textiles. Une opportunité pour les talents locaux de rejoindre une filière d’avenir et une véritable insertion sur mesure.
Pour contacter Reekom : reekom.fr/nous-contacter/
Texte : Jean-Bernard Gallois ; photo : Nicolas Vieira