Membre de l’association GEM de La Courneuve, Odile Dikhissi a trouvé dans la peinture son talent et son rétablissement.
Ce n’est plus une patiente, mais une artiste qui va exposer quelques-unes de ses toiles à la Maison de la citoyenneté (MDC) James-Marson dans le cadre des Semaines d’information sur la santé mentale (SISM), consacrées cette année aux bienfaits de l’art. En octobre dernier, Odile Dikhissi fréquentait encore l’hôpital de jour et le centre d’activités thérapeutiques à temps partiel et de temps de groupe de l’établissement public de santé Ville-Évrard quand elle a participé à l’exposition « Ville-Évrard hors les murs – Les maux thérapie, de la couleur dans la douleur » à la MDC. Depuis cette initiative et sa rencontre avec les membres du GEM (groupe d’entraide mutuelle) de La Courneuve, concernés aussi par des troubles, psychiques, elle n’a plus besoin d’aller à l’hôpital de jour. « Quand il n’y avait pas la peinture, je déraillais. Maintenant ça va. Peindre, ça alimente mon esprit et ça m’empêche de penser à mon quotidien. J’oublie tout, mes démons disparaissent, raconte-t-elle en ce jour de grand soleil sur le parc Georges-Valbon, où elle a donné rendez-vous. Je venais souvent avant, je donnais à manger aux canards. J’aime bien la nature, on ne se sent pas citadin ici. »
Odile Dikhissi est venue à la peinture il y a une quinzaine d’années, avec une ergothérapeute. « J’ai voulu faire des macramés brésiliens, mais c’était trop dur, alors j’ai fait de la mosaïque et j’ai essayé la peinture sur toile. » Banco. Son premier tableau, comme de nombreux autres qui ont suivi, est toujours à Ville-Évrard. « Au début, je me suis focalisée sur la géométrie apparemment, ensuite j’ai fait un autre délire, après j’ai peint des femmes. J’ai fait des visages, des corps, de longs cous comme Modigliani… C’est mon peintre préféré. »
Pour s’adonner à sa passion en dehors de l’hôpital, elle a installé deux chevalets dans son appartement de Stains. « Des fois, je me réveille la nuit pour aller peindre, ce n’est pas une blague ! » Quand elle ne peint pas, elle prend part à des activités et des sorties avec le GEM. « Là, j’ai dit aux gens que j’étais une artiste peintre. Ils ont été étonnés en voyant mes toiles. » « Ville-Évrard hors les murs » était sa première exposition. « Je n’avais rien montré avant. J’étais avec des amis à l’inauguration, j’étais heureuse, c’était la classe. Maintenant, je voudrais bien vendre mes tableaux. »
Texte : Olivia Moulin ; photo : Jean-Michel Sicot
Exposition « Alerte culture ! » avec des œuvres de patient·es artistes amateur·rices de l’hôpital de jour et du centre d’activités, thérapeutiques et de temps de groupe de l’établissement public de santé Ville-Évrard, et d’Odile Dikhissi. Du 13 octobre au 6 novembre, Maison de la citoyenneté James-Marson, 33 avenue Gabriel-Péri. Vernissage le 13 octobre à 12h.