Il n’est pas toujours indispensable de partir loin et longtemps pour décompresser, s’amuser et se ressourcer. Une quarantaine d’habitant·es viennent d’en faire l’expérience.
Un grand lac, des paysages verdoyants, une plage, un minigolf, un parcours d’accrobranche, des cours de tennis, un bateau pirate et de multiples jeux plus ou moins sportifs… L’Île de loisirs des Boucles de Seine, située à Moisson, dans les Yvelines, a des airs de petit paradis en cette après-midi ensoleillée du 30 avril. Elle accueille exceptionnellement une quarantaine de Courneuvien·nes dans le cadre d’un séjour interstructures de quatre jours, coorganisé par les trois Maisons pour tous (MPT) et le Programme de réussite éducative (PRE).
Les douze familles, logées sur place durant trois nuits, ne sont pas là par hasard. « La grande majorité ont été sélectionnées parce qu’elles viennent de vivre quelque chose de difficile et ont besoin de ce temps de respiration, souligne Charlyne Begusseau, référente familles à la MPT Cesária-Évora. Notre but est de les amener à se retrouver et à tisser du lien avec d’autres familles et avec les structures de la ville. »
Pari réussi si l’on considère les sourires et l’enthousiasme de Myriam, Stéphanie, Carla, Fatma et Mamie Nadia, toutes mères ou grand-mères d’enfants jouant à proximité. « Les activités d’hier, proposées avec l’aide de la Fondation Paris Saint-Germain, étaient vraiment exceptionnelles, nous raconte Fatma. Ils ont été trop sympas avec nous et sont venus avec des jeux gonflables, un food truck, du maquillage… Ils ont même proposé un jeu de cécifoot [un handisport pratiqué par des athlètes déficients visuels] aux enfants, ainsi qu’une initiation aux gestes de premiers secours pour les plus grands. »
Aujourd’hui, c’est « chasse au trésor » et Jouannaud, référent familles à la MPT Aoua-Keïta, indique les règles à quatre groupes de participant·es prêts à en découdre, comme l’indiquent leurs petits noms : les Rois de La Courneuve affrontent les Corsaires, les Samouraïs et les Chasseurs de l’Atlas pour divers défis. Trouver le nom de la première fleur qui annonce l’arrivée du printemps ou repérer un pommier parmi les arbres à proximité…
Accompagnées de leur mère Fatou, Zarah, 5 ans, et Mariam, 3 ans, se prennent rapidement au jeu, de même que Barua, son épouse et ses deux enfants, ravis de ce « temps de répit » et de « rire » en famille, loin des tracas du quotidien. Idem pour Yasmine, en CM2, qui détaille par le menu tout ce qu’elle a pu faire dans ce cadre verdoyant. Conscient que le retour approche, le jeune Souleymane tient, lui, à nous faire savoir qu’il est à la fois candidat pour une partie de minigolf et pour la prochaine édition de ce séjour.
Texte: Christophe Dutheil ; photo : Silina Syan
Les familles au centre de leurs vacances
Début avril, des adhérent·es de la Maison pour tous Cesária-Évora et leurs enfants sont partis en autonomie en week-end à Trilbardou. Une première, qui s’inscrit dans le développement du pouvoir d’agir des habitant·es engagé par la municipalité.
Elle l’a fait. Adhérente de la Maison pour tous (MPT) Cesária-Évora, Khadija a organisé une sortie de trois jours au château de Trilbardou (propriété de la Ville), en Seine-et-Marne, pour d’autres parents, leurs enfants, ses enfants et elle-même pendant le week-end de Pâques. « Je n’étais pas du tout stressée, j’étais épaulée par les bonnes personnes, je savais que ça allait bien se passer ! » lance-t-elle. La Courneuvienne a découvert le site en octobre 2024, à l’occasion d’un séjour destiné à des familles des trois MPT.
« Je suis partie avec mes deux enfants, une copine et ses trois enfants, on est restés pendant cinq jours, c’était trop bien ! Moi, comme j’ai un enfant porteur de handicaps, la première chose à laquelle je pense, c’est à l’inclusion… et pour lui, c’était un super temps d’échange. » Elle demande donc à y retourner, mais d’autres familles doivent profiter de ce type de séjours encadrés. Seule possibilité proposée par la MPT : y aller en autonomie. « J’étais pour, j’ai vu qu’Afeef et Charlyne [la directrice et la référente familles de la structure] avaient confiance en moi, alors je me suis vraiment engagée. »
Khadija réunit d’autres familles, avec l’inclusion comme mot d’ordre. « Je les connaissais déjà, il y avait une famille avec des enfants porteurs de handicaps, une famille dont la maman sans papiers n’était jamais partie en vacances avec ses enfants… » Accompagnés par Charlyne, Khadija et les autres parents s’occupent en amont de contacter le responsable du site, d’emprunter du matériel au service Jeunesse et à la MPT et, surtout, de gérer les repas. « C’est important que tout le monde soit bien nourri ! On s’est mis d’accord sur les menus, j’ai demandé un prix symbolique de 50 euros par famille pour les courses, je ne voulais pas que ce soit excessif. »
Arrivées sur place en voiture et en covoiturage, les familles se partagent tout naturellement les tâches : cuisine, animations, ménage… « Tout le monde était impliqué », se félicite Khadija, prête à renouveler l’expérience l’année prochaine.
Texte : Olivia Moulin ; photo : Léa Desjours
