Mobilisés pour la paix

Publiée le 1 oct. 2026

Mobilisés pour la paix

Paix 2026

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, habitant·es, élu·es et associations se sont rassemblés pour célébrer le vivre-ensemble à travers la musique, la mode et le partage.

Un tour du monde culturel, culinaire et musical ! Le samedi 19 septembre, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, la place Claire-Lacombe s’est transformée en un vaste carrefour des cultures. Associations, élu·es et habitant·es se sont retrouvés pour promouvoir, par la rencontre et le dialogue, des valeurs d’harmonie et de solidarité. Moment fort du rassemblement, l’intervention d’Haroon Qazi, adjoint au maire délégué à la culture de la paix et à la Ville-monde, a rappelé l’urgence de l’événement : « Jamais une journée consacrée à la paix n’aura été aussi indispensable qu’aujourd’hui. Il n’y a pas de fatalité à l’actuelle multiplication des conflits [...]. Là où les bellicistes détruisent
l’humanité, nous faisons le choix de la vie et de la conscience universelle. » Un message que l’élu a prolongé lors d’une cérémonie officielle au square de la Paix, deux jours plus tard.

L’après-midi s’est poursuivie sous les applaudissements, avec deux défilés de mode mettant à l’honneur les costumes traditionnels des quatre coins du globe. Entre deux passages, la réflexion a pris le relais lors d’une table ronde consacrée au dialogue intergénérationnel et à l’avenir commun des diasporas. Pour clore les festivités en beauté, un grand banquet aux mille saveurs a réuni tous les participant·es. Une journée inspirante qui prouve une chose : les Courneuvien·nes ont la paix au cœur.

Texte : Nicolas Liébault ; photos : Francesco Gattoni

La fraternité, une valeur universelle

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Centre de méditation bouddhiste – Paix mondiale

L’association propose des sessions de méditation ouvertes aux habitant·es, sans distinction de foi. Alors que les conflits se multiplient à travers le monde, la quête de la paix est devenue une urgence absolue. Or, « bien que notre équipe soit originaire du Bangladesh, pays où les bouddhistes sont minoritaires, elle pense que la méditation transmise par le Bouddha constitue une philosophie accessible à tous », explique Akash Barua, le président. Pour le bouddhisme, trouver la paix intérieure nécessite une trans-
formation de la mentalité et une meilleure connaissance de soi. Dans cette tradition, le karma représente tout ce qui vient troubler l’esprit ; or, une personne pleinement concentrée n’agresse pas son prochain. 

La pratique permet de développer la bienveillance et d’éradiquer la violence. « Nous transmettons aux jeunes générations cet art de vivre ensemble dans la sérénité. Sur Terre, nous formons une seule et même communauté humaine, affranchie des barrières d’origine ou de nationalité. Cette philosophie de paix et de respect s’étend à tous les êtres vivants pour pour préserver l’harmonie globale. »

Association musulmane de l’Inde du 93

Cette association regroupe les musulman·es de l’Inde tamoule pour une pratique culturelle et cultuelle. Au-delà du maintien des traditions et de l’apprentissage de la langue arabe, sa vocation est d’unir ancrage dans les origines et intégration à la République. « La paix est l’ADN de notre démarche et de notre spiritualité. Notre salutation quotidienne même, qui souhaite la paix à chacun, s’adresse indifféremment aux musulmans comme aux non-musulmans », explique le président, Fazlur Mouhamad. Ayant fait le choix délibéré de la France, il dit éprouver une « profonde reconnaissance envers ce pays qui nous a donné éducation, santé et travail ». Pour cette association, la transmission aux jeunes générations passe d’abord par le cadre familial, l’apprentissage du respect des aîné·es et l’attention portée aux voisin·es. À La Courneuve, ses membres ont pu constater que la diversité humaine et la cohabitation harmonieuse des communautés représentent une richesse collective, comme lors de cette fête de la paix, le repas partagé démontrant la force du vivre-ensemble. « Face aux discours qui cherchent à pointer du doigt telle ou telle communauté, nous devons préserver cette fraternité locale », conclut Fazlur Mouhamad.

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La Courneuve Palestine

Actif depuis 2014, le groupe local de l’AFPS La Courneuve Palestine œuvre pour l’établissement d’une paix juste et durable entre Israélien·nes et Palestinien·nes. La re- cherche de la justice est au cœur de son combat. « Nous sommes présents pour rappeler aux habitants de La Courneuve qu’une injustice majeure dure depuis plus de soixante-dix ans, mais qu’un avenir de paix reste parfaitement envisageable », est convaincu Mohamed Ghandour, le président. L’harmonie qui règne aujourd’hui durant cette fête locale démontre qu’un autre modèle de société est possible. « La mondialisation ne oit pas se traduire par une hégémonie culturelle, mais plutôt par une mosaïque où chaque identité trouve sa place », ajoute-t-il. 

L’histoire rappelle ainsi que, en Andalousie ou au Maghreb, juif·ves, chrétien·nes et musulman·es ont su cohabiter sur une même terre, sans discrimination, avant que des logiques capitalistes ne viennent diviser les populations. En transmettant ces valeurs d’humanisme aux jeunes générations, il est possible de garder confiance en l’avenir. Il conclut : « Quelles que soient nos origines respectives, nous portons tous la capacité d’œuvrer pour le bien commun et le respect de la vie. »

Association Bana Brazza (ABB)

Fondée par des amis d’enfance originaires du Congo-Brazzaville, l’association socioculturelle Bana Brazza soutient des orphelinats en Afrique et finance des kits scolaires, des médicaments ou encore des bibliothèques. Sa présence à cette fête de la paix vise à montrer que la culture et la paix sont indissociables, toutes deux se façonnant avec volonté et passion. « Ayant vécu directement l’exil forcé de mon époux, autrefois avocat menacé pour ses engagements, je mesure combien la sécurité et la tranquillité dont nous jouissons ici sont précieuses », témoigne Arlette Loukakou, la présidente. Pour elle, la paix n’est pas un concept abstrait, mais une réalité entretenue par ces actions. Cette année, l’association met à l’honneur la « sape », l’art de se vêtir avec élégance. « Une pe sonne qui prend soin d’elle-même et s’habille de manière chic cherche le respect, ne va jamais se battre ni prendre les armes », constate la présidente : une manière pacifique d’affirmer sa dignité. « La Courneuve offre une opportunité multiculturelle unique où chaque communauté apporte ses forces », conclut-elle.

Les Mam’s : vers un nouvel horizon

L’association Les Mam’s : vers un nouvel horizon agit pour faciliter l’accès aux droits, proposer des loisirs et offrir des aides concrètes aux familles. À travers la confection de buffets interculturels, les participantes autofinancent des voyages et des sorties qui rassemblent parents et enfants dans un pur moment de joie. « L’association s’agrandit constamment et réunit des femmes de tous horizons, qu’elles s’appellent Aminata, Gamra ou Stéphanie, se réjouit Asma Kaddouri, des Mam’s. Cette diversité fait la force de notre collectif. » En partageant repas, langues et traditions, « nous faisons voyager chacun tout en démontrant que nous sommes des êtres humains appelés à vivre ensemble ». Cette rencontre des cultures constitue le cœur même de l’engagement de l’association pour la paix. Des projets de séjours, comme à Zanzibar grâce aux liens tissés avec la communauté comorienne, naissent de cette mixité. Dans les écoles comme lors des activités, les enfants apprennent très tôt à aller vers l’autre sans préjugés. Pour Asma Kaddouri, « à travers nos actions, nous réaffirmons que toutes et tous disposent des mêmes droits et de la même dignité, quel que soit leur parcours ou leur tenue »