Les femmes sont à l'affiche

Publiée le 19 févr. 2026

Les femmes sont à l'affiche

Les affiches réalisées par la graphiste Vanessa Vérillon pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes du 8 mars à La Courneuve font l’objet d’une exposition.

 

Vanessa Vérillon
Texte

Regards : Quelle formation avez-vous suivie pour aboutir au style d’affiche qui est le vôtre ?

Vanessa Vérillon : Après trois ans d’école d’art, je suis rentrée à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris (les « Arts-déco », NDLR), où j’ai été formée par François Miehe et Pierre Bernard, deux cofondateurs du collectif Grapus, un mouvement très important pour l’histoire du graphisme des années 1968 à nos jours. Ce collectif a travaillé pour des causes d’intérêt public et formé des dizaines de graphistes français et étrangers, travaillant notamment pour la CGT, le Secours populaire, la Grande Halle de La Villette, etc. En dernière année, j’ai bénéficié d’une bourse pour un échange avec l’école des Beaux-arts de Varsovie. Le courant de l’école polonaise de l’affiche a débuté après la Seconde Guerre mondiale et duré jusque dans les années 1970, avec des affiches peintes à la main sur la vie quotidienne commandées par le gouvernement. Cette école a nourri ma technique, traditionnelle, au pin-
ceau et à la gouache.

R. : Quelle est votre démarche dans la conception des affiches pour le 8 mars ?

V. V. : Je discute avec le commanditaire pour cerner au plus juste la nature du message : pourquoi on fait cette affiche et à qui elle s’adresse. À partir de là, j’imagine dans mon atelier comment le symboliser avec des signes identifiables par tout le monde, que l’on soit enfant et adulte, francophone ou non… Je m’appuie le plus possible sur les expériences de terrain, en rencontrant des personnes concernées par le sujet au sein de la municipalité. Je demande aussi à être informée de ce qui se passe dans la ville pour pouvoir parler de ce qu’on y vit. Je combine alors cette image avec un titre afin d’exprimer le message grâce au moins de mots possibles, pour une compréhension qui se veut immédiate. Je reste en alerte face aux reculs des droits des femmes partout dans le monde et à la montée des masculinistes. Je tiens à créer une affiche qui galvanise l’idée d’une lutte joyeuse et collective.

Propos recueillis par Nicolas Liébault ; affiches : Vanessa Vérillon ; photo : Olivier Charpentier

Rétrospective du 5 au 31 mars, à la Maison de la citoyenneté James-Marson, 33 avenue Gabriel-Péri. Gratuit.

Affiches Vanessa Vérillon