L’association GEM de La Courneuve, qui participe à la programmation des Semaines d’information sur la santé mentale du 1er au 16 octobre dans la ville, permet à des personnes concernées par un trouble psychique de se rencontrer, de développer des projets et de participer à la vie de la cité.
C’est un espace de liberté. La liber té d ’être soi-même et de décider pour soi-même. « Moi, je suis en situation de handicap, mais la souffrance psychique et la fragilité, ça peut arriver à tout le monde, c’est très important de prendre ça en compte », sourit Lakhdar, président de l’association GEM (Groupe d’entraide mutuelle) de La Courneuve, ce 24 septembre lors de la permanence hebdomadaire entre adhérent·es à la Bourse du travail. « Ce qui est intéressant aussi, c’est qu’il n’y a pas de hiérarchie : ce sont les usagers qui choisissent et mettent en place les activités tous ensemble », renchérit Saïda, entre deux conversations sur l’organisation d’un barbecue et sur le contenu de leur stand au Forum de la santé mentale prévu le 2 octobre, dans le cadre des Semaines d’information sur la santé mentale.
Les GEM sont apparus dans le sillage de la loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Ces structures associatives sont constituées uniquement de personnes ayant un trouble de santé psychique ou un handicap psychique similaires, sans personnel médical, qui s’auto-organisent et s’autogèrent en fonction de leurs envies et de leurs compétences. L’un des buts principaux ? Rompre leur isolement, notamment quand elles ne fréquentent plus l’hôpital ou ne travaillent pas. « Je regarde beaucoup la télé et je dors beaucoup, alors ça me fait du bien de sortir ! J’ai 60 ans, mais j’aimerais retrouver un poste », confie Magali, qui a exercé il y a longtemps dans la restauration scolaire. « Quand mon fils Marzouk était plus jeune, il était bien entouré et pris en charge par le service Jeunesse. Mais quand il a grandi, comme il ne pouvait pas travailler, j’ai voulu qu’il y ait un endroit où il pourrait passer du temps sans ses parents », raconte Djemel, qui a participé à la création de l’association mais aussi à celle de l’association de proches aidants : Les Amis que GEM. Si la structure ne remplit pas encore tous les critères pour être reconnue officiellement comme un GEM et obtenir ainsi la subvention annuelle de l’Agence régionale de santé qui lui permettrait de payer un local et le salaire d’un·e animateur·rice, la démarche est lancée, avec le soutien de la Ville via notamment le Conseil local de santé mentale (CLSM). En attendant, ses membres partagent leurs expériences et leurs difficultés, rencontrent ceux d’autres GEM de Seine-Saint-Denis, réfléchissent à un atelier de jardinage… « On laisse les idées germer, on ne sait pas toujours comment elles vont évoluer, note Lakhdar. Mais c’est une belle aventure. » Et c’est entièrement la leur.
Texte : Olivia Moulin ; photo : Fabrice Gaboriau
Association GEM de La Courneuve, 06 15 59 70 80, ould-ali.djemel@orange.fr
Association Les Amis que GEM, 06 15 59 70 80