Sous les yeux de 1 000 habitant·es rassemblés au stade Géo-André, la lune a partiellement occulté le soleil le 12 août dernier en fin de journée. Entre ateliers pédagogiques, consignes de sécurité et explications captivantes de l'astrophysicienne Fatoumata Kebe, ce rendez-vous populaire a offert un rare moment scientifique et festif.
Un grand terrain synthétique dégagé, des centaines de transats alignés vers le nord/nord-ouest et des visages le nez levé vers le ciel, chaussés de lunettes d'observation. Ce 12 août, le stade Géo-André s’est métamorphosé en un observatoire astronomique à ciel ouvert. Invités par la municipalité à suivre l’éclipse de soleil, plus de 1 000 habitant·es ont convergé vers le complexe sportif pour vivre ensemble ce phénomène rare.
Dès 18 heures, avant que les parents ne viennent les récupérer, les enfants des centres de loisirs avaient lancé les festivités. À l’aide de petites maquettes, de lampes de poche et de crayons de couleur, les animateurs leur ont proposé des ateliers thématiques pour leur expliquer la mécanique céleste : éclairer une mini-terre et une mini-lune, dessiner l'alignement des astres pour mieux appréhender l'événement, etc.
Sur le terrain, la sécurité était au cœur de l'organisation. Pour éviter tout danger, la distribution de lunettes filtrantes était indispensable dès l'entrée. Au total, près de 5 000 paires avaient déjà été remises aux Courneuvien·nes par la municipalité, dont 500 sur le site même. Des médiateur·rices, la police municipale et la FF2S assuraient la sérénité du lieu, équipé d'une « safe zone », d'un espace de rafraîchissement et de restauration tenu par l'association Diaspora, d'un grand écran et d'un télescope où les enfants ont fait la queue pour mieux voir l'éclipse.
Un grand rassemblement chaleureux, exceptionnel et rare
Avertis pour la plupart par une publication du maire sur les réseaux sociaux, les habitant·es sont venus en nombre dès 18h30. Pour Nael et Valissou, jeune couple trop jeune pour avoir connu l'éclipse de 1999, « c'était l'occasion de comprendre par l’expérience directe ». Priscilia, qui se souvenait elle de la dernière éclipse, avait souhaité offrir à ses deux enfants « un moment unique qui restera dans leur mémoire ». Pour Rayan et Wasem, 24 ans, c'était « l'opportunité de croiser des gens tout en satisfaisant notre curiosité ».
Introduisant l’événement au micro, le maire Aly Diouara, sur place avec une majorité des élu·es municipaux, s’est dit « très heureux que puisse se tenir ce grand rassemblement chaleureux, exceptionnel et rare, une initiation vivante à l’astronomie qui participe de l’éducation populaire au cœur de l’action municipale », l’élu remerciant au passage les agent·es municipaux sans qui l’événement n’aurait pas été possible.
L'événement a été enrichi par la présence de l'astrophysicienne Fatoumata Kebe, spécialiste de la lune, qui a commenté le déroulement de l’éclipse en direct. Elle a partagé de précieuses connaissances : la distance terre-lune (362 000 km) face à celle du soleil (150 millions de km), l'origine de la lune née d'un impact de météorite géant il y a 4,5 milliards d'années, ou encore son rôle dans les marées.
À 19h22 précises, la lune a commencé à masquer le soleil par la droite, atteignant son maximum à 20h17. « La nuit tombe, ça fait drôle ! », s'est extasié un enfant face à la petite baisse de lumière qui se produisait. En revanche, du fait du pic de canicule au même moment, les habitant·es n’ont pas pu ressentir la fraîcheur que produit habituellement ce phénomène. Bien que l'obscurité ne fût pas totale, l'événement a cependant conquis le public, ravi de cette parenthèse céleste.
Textes : Nicolas Liébault ; photos Jeanne Frank et Studio Richez
Une éclipse solaire, qu’est-ce que c’est ?
Une éclipse solaire se produit lorsque la lune passe exactement entre la terre et le soleil. En s'alignant, notre satellite naturel bloque la lumière du soleil et projette son ombre sur une partie de la terre. Selon l'alignement, l'éclipse est totale (le soleil est alors entièrement masqué et le jour laisse place à la pénombre) ou partielle, lorsqu'une portion seulement du disque solaire est cachée, ici le 12 août à La Courneuve à près de 90%. À ne pas confondre avec une éclipse lunaire quand c’est l’ombre de la terre qui empêche le soleil d’éclairer la lune.