La Maison pour tous Aoua-Keïta accueille un cycle d’ateliers de cuisine. L’occasion pour les participant·es de mitonner des plats en famille ou entre ami·es.
Devant ses yeux écarquillés, les tagliatelles ressemblent à un trésor. Mohamed, 6 ans, vient de faire des pâtes fraîches de A à Z, sous le regard attendri de sa maman, Diaryatou. « On cuisine ensemble à la maison : des crêpes, des cookies, des oeufs… mais c’est la première fois qu’on le fait ici », sourit-elle. Ce mercredi 17 juin, le duo participe à l’atelier proposé par Cécile et Viviane, de l’association Dans ma petite cuisine, dans la grande cuisine équipée de la Maison pour tous Aoua-Keïta. « On a apporté notre batterie d’ustensiles mais en fait, il y a plein de choses ici ! » commente la première à son arrivée dans la pièce. Il y a plein de choses, mais pas de laminoir, la machine qu’elles ont aussi apportée et qui sert à réduire l’épaisseur de la matière et à lui donner différentes formes.
Mais d’abord, il faut mélanger de la farine de blé, de la semoule fine de blé dur, du sel, de l’huile et un oeuf, puis pétrir à la main pour « activer le gluten ». Un geste que Zazie maîtrise parfaitement. « Il faut que ce soit souple. Je vais me lever, je préfère cuisiner debout. » La Courneuvienne d’origine kabyle en profite pour évoquer la préparation de l’aftir oukessoul, aussi appelé thagzarth ou thirkimth, un plat traditionnel où un grand morceau de pâte fraîche est coupé et cuit directement dans du bouillon. « On cuit aussi les pâtes de la chakhchoukha [une spécialité de l’est de l’Algérie] comme ça, dans une sauce tomate avec des pommes de terre, des pois chiches et des carottes », réagit Farida, venue avec sa fille Myriam et son petit-fils Jal. Après un premier passage dans le laminoir, la pâte peut être décorée d’herbes aromatiques et de fleurs. « Visuellement, ça va être joli, indique Cécile. On essaie de faire du design culinaire dans nos ateliers. » Coquelicots, shiso, romarin, basilic, mauves, aneth, menthe, ciboulette… les participant·es ont l’embarras du choix. « Ça se mange, ça ? Je vais goûter ! » rigole Myriam en prenant une fleur de luzerne.
À la fin de l’atelier, Cécile et Viviane demandent aux participant·es s’ils et elles veulent cuire leurs spaghettis ou tagliatelles sur place ou à leur domicile. Ce sera à la maison pour Nazrin, copine de crochet de Zazie. « Je vais les faire goûter à mes enfants. » Encore deux ateliers sont prévus pour partager ses trésors culinaires.
Texte : Olivia Moulin ; photos : Léa Desjours