Une dizaine de jeunes achèvent deux mois de formation intensive au stand-up. Rendez-vous le 21 février à l’Espace Guy-Môquet pour leur grande première.
À l’Espace jeunesse Guy-Môquet, ce samedi 31 janvier, l’atmosphère est électrique et studieuse. Entre deux éclats de rire, le silence relatif se fait dès qu’un élève se lève pour tester ses vannes. C’est la dernière ligne droite de la masterclass stand-up, une initiative lancée par Sassa Hadjara, directrice de l’Espace jeunesse Guy-Môquet. L’art de la vanne est une mécanique de précision. Thierry Selbonne, plus connu sous le nom de Kiirikou, l’enseigne avec rigueur. Pour ce professionnel qui a foulé les planches de l’Olympia et écumé les comedy clubs parisiens, « la recette idéale, c’est un rire toutes les sept secondes ».
Depuis deux mois, la dizaine d’apprentis comédien·nes de 16 à 25 ans ont décortiqué chaque samedi les rouages du seul en scène. Apprendre à écrire un texte, trouver le bon mot et la chute surprenante. Dompter l’espace et ne pas reculer face au public. Créer un lien immédiat avec les premiers rangs. Les thèmes abordés puisent dans leur quotidien, la famille, les galères et les potes : « Le but est d’encourager leur écriture, l’affirmation de soi et la prise de parole en public. C’est un sacré défi d’affronter le regard de l’autre », souligne Sassa Hadjara.
« Fais de l’autodérision, ça marche à tous les coups. »
Pour celles et ceux qui sont montés sur scène trois jours auparavant, c’est l’heure du débrief : on analyse, on réécrit son sketch en tirant la langue. « Tu débarques sur le plateau, tu poses pendant les trente premières secondes des questions basiques au public et tu enchaînes », détaille Kiirikou. « Et si on n’y arrive pas ? » s’inquiète un participant. « Les gens sont venus pour se marrer. Fais de l’autodérision, ça marche à tous les coups. »
Les ados réécrivent le début de leur sketch puis chacun·e passe devant les autres pour rejouer. « Ne recule pas, va devant le public », conseille Kiirikou à celui qui s’est mis dos au tableau. Et en cas de gros blanc ? « Préparez des improvisations, tous les humoristes en ont plusieurs en stock pour ne pas laisser retomber les rires. » Il martèle : « Accentuez vos personnages, utilisez votre corps, votre voix, vos gestes. » Dans le stand-up, on ne joue pas seulement un texte comme au théâtre, on incarne sa vérité. Pas évident, quel que soit l’âge. Le point d’orgue de cette aventure aura lieu le 21 février à Guy-Môquet. Kiirikou glisse une confidence : un producteur sera présent dans la salle. À la clé, peut-être… une première scène dans un comedy club parisien pour le·a plus convaincant·e d’entre eux.
Texte : Jean-Bernard Gallois ; photos : Fabrice Gaboriau
Spectacle samedi 21 février, à 20 h. Espace jeunesse Guy-Môquet, 119 avenue Paul-Vaillant-Couturier. Entrée libre.
Une deuxième session de la masterclass stand-up aura lieu à partir d’avril. Pour s’inscrire, écrire à Sassa Hadjara : sassa.hadjara@lacourneuve.fr