Ouverte cette rentrée, la catégorie féminine seniors de l’AS La Courneuve Futsal fait le plein de bonnes volontés et de bonnes ondes.
Ça rigole beaucoup, mais ça travaille beaucoup aussi ce 9 septembre dans la grande salle du complexe sportif Jean-Guimier. La « punition » pour les joueuses de futsal qui arrivent en dernier au circuit training ou qui ratent les passes pendant l’exercice du toro : vingt secondes de gainage. « J’en ai trop fait, je crois que c’est pour ça que je me suis blessée au genou ! » lance Anzfati en riant à Nassub, l’entraîneur, et aux autres pratiquantes.
C’est leur troisième entraînement depuis la rentrée, mais c’est la première rentrée pour la catégorie féminine seniors de l’AS La Courneuve Futsal. Le club, qui comptait déjà des catégories féminines U11 (de 9 à 10 ans), U13 (de 11 à 12 ans) et U15 (de 13 à 14 ans), a décidé de s’ouvrir aux adultes cette année, sur fond de structuration du futsal à l’échelle nationale (voir encadré). « On sait qu’on a un énorme vivier de talents ici », explique Nassub, aussi responsable futsal de l’AS La Courneuve.
Effectivement, beaucoup des femmes présentes ne sont pas venues au ballon rond sur le tard, ni par hasard. « J’ai eu la passion du foot petite, parce que mon père y jouait dans les clubs de Villemomble et de Drancy, raconte Anzfati, 33 ans. J’ai commencé à en faire à 14 ans puis j’ai arrêté, mais j’ai décidé de reprendre. Dans notre génération, on reste beaucoup au travail et à la maison, on ne bouge pas assez et on a beaucoup de douleurs. Ma grand-mère de 88 ans, qui est aux Comores, elle fait encore plein de choses, elle va aux champs… et elle ne se plaint jamais ! » La capitaine de l’équipe et secrétaire du club, Binta, 39 ans, insiste aussi sur l’importance d’acquérir ou de conserver une bonne condition physique ».
Pour Thanyna, 18 ans, la pratique du ballon rond offre un défouloir. « Quand on est sur le terrain, on oublie tout, on peut extérioriser ses problèmes », note celle qui a d’abord fait du foot à 11. Pas question pour elle de choisir entre les deux disciplines pour l’instant, malgré leurs différences. « Le futsal, c’est plus cardio et plus technique. Comme ça se joue plus vite, tu peux prendre plus de plaisir. » Un enthousiasme partagé par l’entraîneur, qui le pratique depuis quatre ans. « C’est du box-to-box, il n’y a pas le temps de tricher : une personne qui ne défend pas, ça se voit. Ça me fait penser au foot de quartier, à celui qu’on jouait quand on était petits. »
Après les deux heures d’entraînement, il demande aux joueuses si elles pourront participer au match amical prévu à domicile, au complexe sportif Béatrice-Hess, quatre jours plus tard. Les « oui » fusent, même s’il faut s’organiser entre une sortie à l’église pour l’une et l’activité sportive de sa fille pour une autre. « Il n’y a aucun problème et aucun complexe à jouer au foot en tant que femme, rappelle Anzfati. Le sport, c’est pour tout le monde ! »
Texte : Olivia Moulin ; photos : Jeanne Frank
Contacts : sur Instagram, ascourneuve_feminines pour la section féminine de l’AS La Courneuve et ascourneuve_futsal pour l’AS La Courneuve Futsal.
Le futsal féminin se structure
En 2023, dans le cadre du développement du football féminin et du développement du futsal français de haut niveau engagés par la Fédération française de football, l’équipe de France féminine de futsal était officiellement créée. Trois ans plus tard, une nouvelle étape est franchie avec le lancement du premier Championnat national de futsal féminin qui opposera les douze meilleures équipes du pays et se tiendra à partir du 19 septembre. Jusque-là, le découpage se faisait par région. Un manque d’autant plus dommageable que la pratique ne cesse de progresser, avec près de 6 000 filles et femmes licenciées en 2025, soit trois fois plus qu’en 2020.