Trente-huit élèves de CM2 de l’école élémentaire Paul-Doumer sont partis en classe de neige en Haute-Savoie. Des journées qui ont compté double, pleines de découvertes et d’activités.
Et c’est reparti pour des tours de piste. « Vous êtes bien réveillés ? Il le faut, parce qu’on va faire du ski ce matin ! » rappelle Pauline Geoffroy, enseignante de CM2 B à l'école Paul-Doumer, aux élèves attablés devant leur petit-déjeuner au centre de vacances Neig’Alpes ce mercredi 4 février. Pour la sixième fois depuis leur arrivée aux Carroz d’Arâches, les trente-huit enfants de sa classe et de celle de CM2 A présents vont suivre un cours de ski alpin de deux heures et demie avec des moniteur·rices de l’École de ski français (ESF), à quelque 1 200 mètres d’altitude. La veille, certain·es d’entre eux ont même descendu un bout de piste rouge alors que la très grande majorité n’avait jamais skié auparavant. « C’était facile ! Il y a moins de bosses que sur la piste bleue », lance Djamel. Pas de pression ni de course à la performance pour les skieur·ses en herbe, répartis en groupes selon leur motivation, leur aisance en sport, leur appréhension… « Il y en a qui vont très vite réussir à enchaîner des virages ou à franchir de petites bosses et d’autres non, indique le moniteur Jérôme Vuagnoux. On s’adapte à leur rythme, on n’est pas là pour les dégoûter ni les effrayer. » Ni dégoûté ni effrayé effectivement, Dithusan raconte ses « cascades » avec un immense sourire après le cours : « J’ai pris trop de vitesse, je n’arrivais pas à freiner et j’ai mangé de la neige ! »
Quel que soit leur niveau à l’issue du séjour, ses camarades et lui obtiendront tous une distinction lors d’une remise de médailles solennelle organisée avec les enseignant·es et l’équipe de l’ESF. « Mais tout ne tourne pas autour du ski : le but d’une classe de neige, ce n’est pas seulement d’apprendre des techniques, c’est aussi de découvrir l’environnement montagnard », insiste Jérôme Vuagnoux.
La montagne est ainsi au cœur des animations proposées aux enfants. Pisteuse-secouriste depuis vingt-huit ans, Muriel Gudefin est venue leur parler de son métier — l’équivalent de « pompier des pistes de ski ». L’occasion pour Théo et Muhammed Zayd de tester la pose et le port d’une attelle de genou. « 60 % des accidents qu’on a, ce sont des gens qui se sont font mal au genou », explique la professionnelle. Quant au météorologue Dominique Hennequin, il leur a donné une conférence en forme de show sur le cycle de l’eau, les divers phénomènes atmosphériques et le réchauffement climatique. L’occasion pour Sharirthya de produire de l’électricité statique en frottant sur ses cheveux un ballon de baudruche gonflé et pour Akran de trouver une nouvelle vocation : « Maintenant, je veux être soit médecin, soit footballeur, soit météorologue », déclare-t-il. En classe aussi, le programme prend l’air de la montagne. Avec des mots sur le ski en vocabulaire, l’étude du département de la Haute-Savoie en géographie ou la tenue d’un budget spécial en maths. « Les élèves ont une page comptable dans leur cahier où ils notent les dépenses qu’ils font sur leurs 50 euros d’argent de poche. Ils ont pu acheter des cartes postales, des jouets en bois, du miel et d’autres produits à l’apiculteur qu’ils ont rencontré, du fromage et ils pourront aussi acheter des souvenirs au centre », indique Youcef Aouali, l’enseignant de CM2 A.
Un autre apprentissage fondamental se fait ici, celui de la vie en collectivité. Du réveil à 7h30 à l’extinction des feux à 21h30 (en théorie), les enfants font tout ensemble, doivent prendre soin de leurs affaires, respecter le planning, s’acquitter de certaines tâches comme le nettoyage de leur table au réfectoire… Tout ça sous le regard bienveillant mais ferme des enseignant·es et des animateur·rices du centre. Ces dernier·ères encadrent les temps de vie quotidienne : les levers et les couchers, la toilette, les repas, les sorties, les temps calmes et les veillées. « Les enfants savent qu’on va les gronder quand c’est nécessaire mais aussi qu’on va jouer et rigoler avec eux, explique l’une des animateur·rices, Lyse. Ils nous voient un peu comme des confidents. » Mais pour Soulaymane, pas besoin de confident·e pour dire : « La classe de neige, c’est trop bien ! »
Textes : Olivia Moulin ; photos : Léa Desjours
Quelques images - Classe de neige 2026
©Léa Desjours