Depuis quelques semaines, des écolier·ères et des habitant·es du quartier se retrouvent dans un jardin à vocation pédagogique et intergénérationnelle.
Le printemps sent la coriandre ce 10 avril. La coriandre vert vif que des élèves de grande section à Paul-Doumer découpent et rangent en bouquets au sein du jardin situé dans l’enceinte de la Maison de l’éducation, à côté de leur école. « On prend des tiges et on coupe tout en bas », leur explique Mélanie, leur enseignante. « Maîtresse, regarde, y a une graine ! » s’emballe Wisal, avant de montrer son butin à sa copine Nelia. Depuis l’automne, ce terrain qui appartient à la Ville et servait de base de vie pour des travaux a été aménagé en jardin pédagogique intergénérationnel, à l’initiative d’Abdel Saadouni, chargé de mission à la coordination du secteur des Quatre-Routes pour la mairie. Qui dit jardin dit jardinage, avec l’objectif, pour lui et pour la professeure des écoles référente du projet à Paul-Doumer, de sensibiliser les enfants à la nature et à la biodiversité. « On a commencé les plantations en décembre avec tous les élèves de grande section, leurs enseignants et des habitants volontaires. » Parmi ces dernier·ères, il y a Yves, ravi d’initier au vivant les écolier·ères penchés sur l’une des jardinières pour y préparer la terre avant de planter patates et oignons. « Je suis nouveau dans le quartier, je me suis installé dans un pavillon avec jardin, alors je peux reprendre mon ancienne histoire avec le jardinage, arrêtée parce que je vivais dans un appartement et partager ça avec des voisins et des enfants. » Pour Kaïs et Kyalis, c’est sa connaissance des lombrics qui fait de l’effet. « Moi, je cherche des vers de terre partout ! lance le second. Je le fais avec mes mains, et pas avec le râteau. » Fleurs, herbes aromatiques, légumes et fruits : les plantations vont évoluer au gré des saisons et des envies. « Je suis pressée de planter des tomates. Elles ne doivent pas avoir le même goût que celles du supermarché, sourit Stéphanie, une autre habitante impliquée. Et quand on est ici, on n’est pas dans le stress de la ville, on oublie ses soucis. » Les mains dans la terre et la tête dans les airs.
Texte : Olivia Moulin ; photo : Léa Desjours