La Chine sur grand écran

Publiée le 28 mai 2026

La Chine sur grand écran

L'Étoile fait son cinéma

Du 5 au 7 juin, la salle municipale propose son festival L’Étoile fait son cinéma, sur le thème de la Chine.

C’est déjà la 7e édition. Depuis 2019, le cinéma L’Étoile organise son festival. D’abord manifestation reflétant sa programmation annuelle, cet événement a pris la forme depuis trois ans d’un coup de projecteur sur les cultures du territoire. Si les Tamoul·es étaient à l’honneur en 2024, c’est la Chine qui fera en 2026 l’objet de cet événement, prévu les 5, 6 et 7 juin. « Le cinéma chinois est une fenêtre ouverte sur une société en constante évolution, traversée par des tensions, des héritages et des transformations profondes », argumente Nicolas Revel, le directeur, qui souligne que « les Chinois sont la première nationalité étrangère de la ville ». Pour contribuer à leur participation, une collaboration a été menée avec l’association de médiation interculturelle franco-chinoise Pierre-Ducerf. Le choix du thème est aussi le fruit d’années de travail avec les publics chinois. Pour cette édition, L’Étoile a prévu la projection de quatre longs-métrages et d’un film court, ce dernier avec le concours de l’association Cinémas 93, qui fédère les cinémas publics du département.

Les films seront projetés en mandarin sous-titré en français, afin de lever la barrière de la langue. Au programme : The Grandmaster, sur le premier grand maître de kung-fu ; Escape from the 21st Century, où des adolescent·es découvrent qu’un éternuement leur permet de voyager dans le temps (séance couplée avec du gaming) ; Yiyi loin de son pays, sur le déracinement de femmes chinoises à Belle-Île-en-Mer ; A Story about Fire, sur le voyage initiatique d’un singe élevé parmi les humains ; She Sat There Like All Ordinary Ones, où un lycéen décide de se dénoncer à la place de sa camarade athlète. La diversité est de mise pour satisfaire tous les goûts. En plus, le samedi, en parallèle du gaming à l’espace jeunesse Guy-Môquet, un atelier cuisine (sur inscription) verra la confection de raviolis chinois, suivi d ’une dégustation au cinéma avant la séance du soir. Puis le dimanche sur le parvis, ce sera du weiqi (go), des jeux autour des caractères chinois et, dans la salle de cinéma, des performances, danse, tai-chi et projection. Tous·tes au sino-ciné ! 

Textes : Nicolas Liébault ; visuel : Delphine Bacri ; photo : Léa Desjours

Programme complet

Théo Desmoulins et son appareil de projection

Théo Desmoulins
Texte

Théo Desmoulins est l’un des projectionnistes du cinéma L’Étoile, d’après lui « un vrai métier de solitude », enfermé toute la journée dans une pièce minuscule bruyante, surchauffée et emplie de matériels divers.

La carrière du jeune homme a été techniquement très riche, ce qui lui permet d’apprécier l’arrivée récente au cinéma d’un nouvel appareil de projection laser 4K. L’ancien appareil numérique comprenait en effet une lampe au xénon, avec une cheminée pour aspirer l’air chaud, ce qui produisait un bruit assourdissant. La grosse amélioration avec le laser est un meilleur contraste, donc une meilleure image. Cela a été aussi l’occasion pour le cinéma de changer le hublot de projection : des bulles entraînaient une diffraction nuisant à la qualité de l’image.

Mais le processus de diffusion, lui, ne change pas : le projectionniste doit télécharger les films sur des plateformes professionnelles et obtenir une « clé de sécurité » qui permet la projection juste le temps nécessaire. Tout reste automatique avec une playlist qui déclenche la séance : allumage de la salle, mise du son (système 7.1), extinction de la salle, bandes-annonces, cartons à l’écran, projection du film, rallumage… Et le cinéma conserve toujours un projecteur argentique (bobines) pour des événements comme la projection de films non répertoriés. Les cinéphiles sont aux petits oignons !