Les associations culturelles, sportives et citoyennes ont donné rendez-vous aux habitant·es le 5 septembre sur la place de la Fraternité pour le traditionnel forum organisé par la municipalité. L’occasion de (re)découvrir la vitalité associative à l’œuvre sur le territoire.
Ça déborde d’envie. De tisser du lien entre les gens et les générations, de changer les choses au niveau local, de favoriser l’émancipation par la culture et par le sport… Et ça passe à l’action. À La Courneuve, le secteur associatif n’a cessé de se développer au fil des années. Un dynamisme que la Ville a toujours accompagné, en accordant des subventions, en prenant entièrement en charge les loyers et les charges des locaux associatifs ou en mettant à disposition des salles de réunion et des équipements municipaux. Et un dynamisme accentué par l’élection en mars dernier du maire Aly Diouara, engagé dans le milieu associatif depuis 2004 : une vingtaine d’associations se sont créées ou se sont installées dans la foulée ! Des associations culturelles comme Génération Ayiti, qui promeut les traditions et les talents d’Haïti ; des associations citoyennes comme LC Solidarité pour tous, qui fait de la distribution alimentaire auprès de familles nécessiteuses ou des associations sportives comme Flaneurz Roller Skating Club, qui propose des cours de roller pour enfants, adolescent·es et adultes.
Texte : Olivia Moulin ; photo : Fabrice Gaboriau
Changez nos vies entre en jeu
Accompagner les 15-25 ans par l’éducation, la culture et le stade : c’est le pari de cette nouvelle association.
Des dribbles engagés et des râteaux spectaculaires… Ce samedi 29 août, le square du Moulin-Neuf vibre au rythme intense du ballon rond. Micro en main et en surplomb du terrain, Wassem commente chaque action avec une énergie folle, chambrant joyeusement les joueurs : « Il y a un titre à aller chercher, c’est maintenant ou jamais ! » Toute la journée, le tournoi de foot à six contre six a réuni plus de cent joueurs de 14 à 17 ans, issus de dix équipes des différents quartiers de La Courneuve. Cette première action sur
le terrain de Changez Nos Vies (CNV) était l’événement phare d’une fête populaire. Châteaux gonflables, stands de maquillage, de tresses et de dessins, crêpes et merguez ont ravi les familles.
Créée en juin dernier, l’association s’est donné pour mission d’accompagner les 15-25 ans à travers des projets sociaux, éducatifs, sportifs et culturels. « Nous allons proposer des services de révisions, des séjours, nous allons aussi parler orientation avec eux, un sujet central à cet âge », explique Halil Ibrahim, président de l’association.
Chacun·e des quarante bénévoles présents ce samedi a des compétences, dans le sport ou comme éducateur·rice ou animateur·rice : « Nous allons pouvoir aider les jeunes des différents quartiers à échanger entre eux, car nous connaissons bien leurs lieux
de vie », poursuit Halil Ibrahim.
Cet automne, CNV nouera un partenariat avec la pépinière d’entreprises pour présenter une large palette de métiers aux jeunes adhérent·es. Une ambition saluée par Merwan El Boudkhili, conseiller municipal chargé du développement des associations : « Nous avons aidé Halil et ses camarades à développer ce projet, où chacun a un talent à mettre au service de la communauté. »
Moment convivial avant la finale du tournoi, les mamans ont dévoilé leurs talents lors d’une séance de pénalties face au maire de la ville, Aly Diouara, propulsé gardien de but pour l’occasion. « Cet événement rassemble les familles, c’est l’idéal avant la rentrée scolaire », s’est-il réjoui. Parmi les vainqueurs du jour, Marcello a été désigné meilleur joueur du tournoi, sous le regard du parrain de CNV, Hamouja Soukouna, joueur professionnel de futsal et international français. L’heureux élu repart avec un lot d’exception : son permis de conduire entièrement financé. Au-delà des trophées, la plus belle victoire de Changez Nos Vies est le geste fraternel de joueurs de tous les quartiers échangeant leurs maillots au coup de sifflet final.
Texte : Jean-Bernard Gallois ; photo : Nazir Abiboulla
Quelques chiffres
- 39 % c’est le pourcentage de bénévoles âgés de moins de 25 ans
- 70 % c’est le pourcentage d’associations créées après 2010
- 151 900 euros, c’est le montant annuel des subventions accordées par la Ville
- 23 c’est le nombre de locaux mis à disposition par la Ville
- 2 c’est le nombre de salles de réunion mises à disposition par la Ville
Élargir l'horizon
Soutien scolaire, découverte d’autres univers… Depuis 1999, l’association ASAD (Action de solidarité pour l’autonomie durable) s’emploie à favoriser la réussite et l’épanouissement des enfants, adolescent·es et jeunes adultes.
Il y a des livres, beaucoup de livres, dans les locaux de l’association ASAD (Action de solidarité pour l’autonomie durable), place Georges-Braque. « La lecture, ça permet de cultiver son imaginaire et de structurer sa pensée », sourit Henver Dos Santos, coordinateur des activités au sein de la structure. Et ça fait donc partie des séances hebdomadaires d’aide aux devoirs et de soutien scolaire proposées aux jeunes, de la grande section à la terminale, par les bénévoles et les volontaires en service civique, des enseignant·es ou des étudiant·es pour beaucoup. « On ne se substitue pas à l’école, on intervient en complémentarité, en comblant les manques et les incompréhensions, en repérant d’éventuelles difficultés… » L’année dernière, elles et ils étaient 198 à bénéficier de ce suivi, sans compter les bachelier·ères. « On continue d’accompagner les jeunes après leur diplôme, on essaie de faire en sorte qu’ils grandissent en humanité et participent à la vie de la cité. »
Au-delà de la scolarité, le programme « Conjuguons la réussite » déployé par l’association comprend en effet quatre autres volets : la culture, la citoyenneté, le sport et l’excellence. Qu’il s’agisse du projet artistique et culturel « La Cité du turfu » autour du mail de Fontenay, exposé au palais de Tokyo, d’un séjour à Londres, d’une rencontre avec une ancienne bénéficiaire devenue avocate ou de l’organisation d’un match de football mixte, le but est chaque fois le même : montrer aux jeunes qu’elles et ils peuvent viser le meilleur. « Parfois, ils se limitent eux-mêmes, observe Henver Dos Santos. On n’a pas tous les mêmes capacités, mais si on s’en donne les moyens, on peut accéder à ce qu’on veut : il y a plusieurs chemins possibles. »
Texte : Olivia Moulin