Les retraité·es fréquentant les ateliers de prévention des chutes ont disputé des Olympiades de l’équilibre. Un championnat de bonne humeur et de dynamisme.
C'es t l'une des dernières matinées un peu fraîches avant l’été… En musique, elles et ils étirent leurs cervicales, dérouillent leurs genoux, débloquent le bassin : « Sacré déhanché, ça se voit qu’il y a du niveau ! », plaisante gentiment Éric Gardette, kinésithérapeute au Centre municipal de santé Salvador-Allende, la structure qui porte l’événement. Tou·tes n’arrivent pas à toucher le sol avec leurs mains mais on sent un engagement et une implication sans faille. Dans les starting-blocks, Florentine, la soixantaine, se tient prête à en découdre : « Les Olympiades de l’équilibre, c’est un moment où on révise tout ce qu’on a appris
pendant l’année. Cela dit, on nous réserve toujours quelques surprises… Ça reste une compétition », exprime-t-elle, bien déterminée à faire gagner son équipe.
Un bel esprit sportif
Au programme, balle au prisonnier, jeu du béret et des parcours d’obstacles, le tout dans un décor de conte de fées : le château de Trilbardou, niché entre le canal de l’Ourcq et l’Oise. Il appartient à la Ville depuis les années 1950. Les compétiteur·rices profitent des vastes espaces extérieurs pour se donner à fond, quitte à dépasser les tracas du quotidien…
« J’ai une entorse à l’orteil, on va voir ce que ça va donner. C’est difficile de vieillir mais je ne me plains pas. Tout le monde a quelque chose qui ne va pas quelque part, il faut faire avec », philosophe Djamila, 78 ans, en attendant de prendre sa revanche au parcours d’obstacles. Les seniors ont beaucoup de choses à nous apprendre sur l’esprit sportif : les quatre équipes redoublent de force, d’ingéniosité et de malice pour arracher la victoire. « Vous voyez, ce n’est pas qu’une question de vitesse. Il faut aussi se souvenir des consignes et les réaliser. Il y en a qui vont plus ite, d’autres qui ont une meilleure mémoire », commente Catherine, 66 ans. En raison de ses problèmes à la hanche, cette aide-soignante fraîchement retraitée ne peut pas participer aux Olympiades. Mais le cœur y est pour encourager son équipe ! « Je suis venue parce que ça me fait du bien d’être ici, avec les autres. C’est important pour le mental. »
Bravo les Bleues !
À chacun·e selon ses capacités, cet adage est on ne peut plus vrai quand l’arthrose et les petits soucis de santé montrent le bout de leur nez. À la fin de la journée, l’équipe des Bleues a remporté le premier prix mais la compétition était serrée. Le comptage des points faisait aussi bien honneur à la rapidité qu’à l’excellence d’exécution des exercices. « On peut dire qu’ils ont tous gagné, parce qu’ils se sont impliqués à fond. Ils avaient l’air d’être très contents, et nous le sommes aussi », conclut Théophile Durand, responsable de l’unité de kinésithérapie au Centre municipal de santé, sur le chemin du retour.
Texte : Pierina Klein ; photos : Léa Desjours
Des ateliers pour préserver son autonomie
Depuis dix ans, le Centre municipal de santé (CMS) propose des ateliers de prévention des chutes et un travail autour de l’équilibre aux seniors de la ville, lors de seize séances par an. « La durée des cours est passée de trente minutes à une heure et demie. Cela permet de commencer par un entraînement cardiovasculaire, avant de poursuivre par des exercices qui travaillent l’équilibre, la proprioception et la souplesse », commente Théophile Durand, res-ponsable de l’unité de kinésithérapie au CMS. L’objectif des ateliers est principalement de prévenir les accidents du quotidien liés à l’âge. « Nous apprenons essentiellement aux seniors à mieux franchir les obstacles et à se relever en cas de chute de moindre gravité (sans traumatisme crânien). Ça peut notamment leur permettre, s’ils sont seuls, d’alerter les secours… », complète Théophile Durand.
Ateliers Prévention des chutes et équilibre
Renseignements : Maison des seniors Marcel-Paul, 77 avenue de la République. 01 43 11 80 62 ou maison.marcel.paul@lacourneuve.fr
De l'attention et de la fraîcheur pour les plus agés
La Ville déploie un dispositif de suivi et de prévention pour accompagner les personnes les plus vulnérables pendant les épisodes de fortes chaleurs.
Le dispositif est, malheureusement, bien rodé. Quand le département de Seine-Saint-Denis est placé en vigilance orange ou rouge canicule par les services de Météo France comme c’est le cas depuis le 7 juillet, des agent·es de la Maison des seniors Marcel-Paul
et du Centre municipal de santé Salvador-Allende se mettent en vigilance pour veiller sur les seniors fragiles ou isolés. « Dès mars, on envoie un courrier aux personnes âgées pour leur demander si elles veulent s’inscrire sur le registre des personnes vulnérables en prévision des fortes chaleurs », explique Jessica Rebmann, responsable de l’unité lien social à la direction des Solidarités.
L’inscription peut se faire à tout moment dans l’année et elle peut être faite par des proches. Lors de la dernière canicule, ce registre concernait 150 personnes.
« Quand la vigilance orange ou rouge est activée, on les appelle une fois par jour et on leur demande comment elles vont, si elles reçoivent de la visite… Si on ne réussit pas à les avoir au téléphone, on envoie les médiateurs sur place pour faire une enquête de voisinage : elles ont peut-être oublié de nous prévenir qu’elles partaient en vacances ou qu’elles avaient un rendez-vous médical. Et si on n’a pas de nouvelles, on envoie les pompiers. » Par ailleurs, pendant cette période, la Maison des seniors Marcel-Paul est ouverte sans interruption de 9h à 17h la semaine et de 10h à 17h le week-end et offre deux salles rafraîchies. « On propose aux personnes vulnérables de venir en profiter, mais on annule la programmation habituelle, on ne va pas donner des cours de zumba ! On se concentre sur les appels téléphoniques et sur l’accueil. »
Texte : Olivia Moulin ; photo : Léa Desjours