Défendre le droit à la mobilité

Publiée le 15 oct. 2026

Défendre le droit à la mobilité

La Ville se mobilise contre l’assignation à résidence des habitant·es, privés de solutions de remplacement adaptées et de contreparties tarifaires face aux conséquences des travaux de modernisation du RER B.

Et c’est reparti la galère. Pour cause de travaux, le trafic es t interrompu sur le RER B entre Châtelet-les-Halles et Mitry-Claye/Aéroport-Charles-de-
Gaulle-2-TGV du lundi au vendredi à partir de 22h45 depuis le 6 octobre et jusqu’au 11 décembre. Il sera aussi complètement interrompu entre Aulnay-sous-Bois et Mitry-Claye les week-ends des 7-8 et 20-21 novembre. Et il sera interrompu entre ces gares à partir de 22h45 du lundi 14 au vendredi 18 décembre.
Selon Île-de-France Mobilités (IdFM), l’autorité publique chargée de gérer, planifier et financer les transports en commun de la région, ces travaux visent à renouveler les caténaires, les rails et le ballast pour éviter des pannes ; à adapter les quais, renforcer l’alimentation électrique et moderniser les ateliers de maintenance pour accueillir d’ici 2030 de nouveaux trains à deux niveaux et à déployer un nouveau système de signalisation.

Un été cauchemardesque

Construite en 1977, la ligne transporte régulièrement plus d’un million de voyageur·ses par jour : la nécessité des travaux sur une infrastructure vieillissante et saturée ne fait pas de doute. Mais ces interruptions de trafic surviennent juste après celles des RER B (déjà) et D, du tramway T1 et de la ligne 13 l’été dernier, cauchemardesque pour les usager·ères, confrontés aussi à la canicule.

Fin juillet, le maire Aly Diouara avait interpellé IdFM au sujet de l’interruption totale de circulation du T1 entre Gare-de-Saint-Denis et La-Courneuve – 8-Mai-1945. En cause : la faiblesse du service de bus de substitution, marqué par des « temps de trajet rallongés de 30 à 50 % » ainsi que des « conditions de voyage indignes », et l’« entrave à la liberté de se déplacer ». Même colère dans la lettre qu’il a adressée mi-septembre à la présidente d’IdFM, Valérie Pécresse, à propos des travaux en cours et à venir sur le RER B.

En 2027, les interruptions en soirée en semaine et parfois le week-end sur l’axe nord devraient se poursuivre. Vingt-trois jours d’interruption de circulation entre La-Plaine et Gare-du-Nord seraient également prévus pendant l’été. Une situation d’autant plus inacceptable que les Courneuvien·nes, comme tous les habitant·es des quartiers populaires, travaillent plus souvent le soir et le week-end, partent moins en vacances et sont moins motorisés. Le maire Aly Diouara évoque ainsi « les travailleurs précaires, en horaires décalés et de première ligne […] qui font vivre quotidiennement notre région, ne disposent d’aucune marge de manœuvre dans l’organisation de leurs horaires, ne peuvent recourir au télétravail ou n’ont aucune alternative satisfaisante au RER B ».

Il réclame donc la mise en place d’une réduction du prix des titres et abonnements de transport pour les usager·ères réguliers du RER B durant ce calendrier exceptionnel de travaux, à proportion des heures perdues jusqu’en 2028. Il demande également une révision du calendrier des fermetures anticipées de la ligne, des solutions de remplacement adaptées et la mise en place d’un comité de suivi des travaux du RER B qui intègre IdFM, la SNCF, les associations d’usager·ères et les élu·es des villes concernées. 

Textes : Olivia Moulin ; photo : Léa Desjours

PAROLES D’USAGER·ÈRES

Mobilisation transports
Texte

Kris

« J’ai dû prendre une fois le bus de substitution le soir, entre la gare du Nord et La Courneuve, parce que j’avais mal calculé l’heure du dernier départ à Châtelet. C’était la grosse galère. C’était blindé et ça a dû mettre quatre ou cinq fois plus de temps qu’avec le RER car il y avait des bouchons sur la route. Franchement, ça ne donne plus envie de sortir sur Paris : c’est mieux de rester à la maison. Heureusement que j’ai des horaires de travail normaux ! »

Amina

« Les travaux, il en faut, il y a toujours des problèmes sur cette ligne, des pannes de train, de signalisation, d’électricité et je ne sais pas quoi d’autre… Mais il faut arrêter de nous traiter comme des animaux ! On nous transporte dans des trains sales et pas climatisés, on ne nous explique pas toujours pourquoi le trafic est interrompu et combien de temps ça va durer et on continue de nous faire payer le Navigo. »