Charlie-Chaplin, c'est fashion

Publiée le 11 juin 2026

Charlie-Chaplin, c'est fashion

Chaplin

Les élèves de l’école Charlie-Chaplin ont découvert l’art de la machine à coudre sous la conduite du styliste de mode Sadio Bee, qui confectionne des vêtements mêlant formes européennes et motifs africains.

Les ateliers de création textile, organisés grâce à la mairie en partenariat avec le musée du quai Branly, ont permis à Sadio Bee de transmettre aux enfants de l’école Charlie-Chaplin sa réflexion sur le vêtement tout en les initiant aux techniques de couture. Lors d’un défilé dans l’école ouvert aux parents le 28 mai, les enfants ont porté un habit qu’elles et ils avaient customisé, puis une fille et un garçon de chaque classe ont fait admirer un vête-
ment de la collection du styliste. Comme un passage de témoin…

Textes : Nicolas Liébault ; photos : Léa Desjours

L'art de la couture en héritage

Sadio Bee
Texte

Il est tombé dans le tissu dès l’enfance. Né en 1970 de mère sénégalaise et de père guinéen, Sadio Bee grandit à Dakar « dans un quartier plein de monde dans la rue, de couleurs et de regards », se souvient-il. Très tôt, il apprend la couture dans la maison-atelier de son père, qui pratique le sur-mesure. « J’y ai parcouru toutes les étapes du métier : le tracé, la coupe, la couture… et la réflexion. » 

À 21 ans, il suit son père en banlieue parisienne et lui vient l’idée d’imprimer des motifs africains sur des formes modernes, « pour être à l’aise et joyeux », ce qu’il nomme le « mix-tissage ». Il trouve en effet les vêtements de prêt-à-porter en Europe un peu tristes, alors même que Paris est très métissé. Bingo à 100 % ! Son style plaît à la fois aux Africain·es et aux Européen·nes et, en 2002, il s’installe dans son propre atelier, rue Sainte-Marthe.

« Si quelqu’un a une idée de modèle pour une cérémonie, il me l’apporte et je crée le vêtement », explique-t-il avec simplicité. Chaque saison, le styliste propose aussi sa collection de prêt-à-porter, qu’il fait connaître par des défilés et des fêtes dans son atelier. Il utilise notamment, en hiver, du bogolan, une matière épaisse et, en été, plutôt du wax, un coton souple et agréable à porter qu’il achète au Petit Dubaï à La Courneuve.