Chaîne humaine pour les personnes à la rue

Publiée le 29 janv. 2026

Chaîne humaine pour les personnes à la rue

Solidarité

Des militant·es associatifs se sont impliqués dans l’accompagnement des personnes à la rue dans le cadre du Plan Grand Froid, fin décembre-début janvier.

Un vrai havre pour les plus fragiles. Le gymnase Anatole-France, qui jouxte la Maison pour tous Aïcha-Belaïdi (MPT), a été ouvert par la municipalité du 30 décembre au 10 janvier pour accueillir des personnes à la rue en danger du fait de la baisse des températures. Des maraudes, menées en particulier par le Secours populaire et la Fédération française de sauvetage et de secourisme (FF2S), avaient quant à elles débuté dès le 28 décembre lorsque le préfet avait déclenché le Plan Grand Froid, permettant ainsi d’identifier les personnes susceptibles d’être reçues au gymnase.

Vingt lits y étaient disponibles, donnant lieu à une occupation de dix à quinze personnes chaque nuit, sachant par ailleurs que de nombreux sans-abri vont se réfugier dans le métro, que certains ont peur de « perdre leur place » dans la rue et que d’autres fréquentent déjà des accueils à La Villette et à Montreuil. Au gymnase, une douche était accessible, un repas, et tout simplement une écoute. Le personnel communal était lui aussi mobilisé, comme les médiateur·rices pour l’orientation. Le fait que le gymnase Anatole-France soit accolé à la MPT permettait de dépasser la simple proposition d’un endroit où dormir.

80, c’est environ le nombre de personnes à la rue présentes sur le territoire de La Courneuve.

Le 26 janvier, à la Maison pour tous Aïcha-Belaïdi, le maire et des élu·es sont venus remercier ces personnes mobilisées. Rouguy, éducatrice du secteur nord de l’association Feu Vert, s’est félicitée que les jeunes dont elle s’occupe, qui ont entre 12 et 16 ans, aient participé aux maraudes tous les mercredis, apportant notamment des vêtements. Hamida, du Secours populaire, a elle insisté sur « la chaîne humaine qui s’est constituée », l’association VRLN apportant des vêtements, du pain de la boulangerie, etc. Fatna, du Secours populaire, a contribué à nourrir l’équipe des bénévoles. Jouama, qui travaille à l’école Rosenberg, a aussi cuisiné des plats après la récupération de denrées auprès de ses collègues.

Les militant·es associatifs ont émis des idées d’amélioration qui rejoignent celles de la mairie. Pour Gamra, des Mam’s Solidaires, les personnes ont besoin de se nourrir mais aussi de se mettre au chaud, de se laver… « Il faudrait un lieu pérenne dédié à cela », propose-t-elle. Claude, du Secours populaire et de la FF2S, a lui avancé la proposition que des douches (hors période Grand Froid) puissent être disponibles dans les MPT. Hamida a insisté sur l’orientation vers le CMS des personnes alcoolisées, expliquant par ailleurs « qu’il a fallu parfois improviser pour qu’une dame et son enfant en bas âge soient accompagnés par le service social et pourvus d’une chambre ». Comme en témoignent les maraudes qui se poursuivent sur le territoire, cet engagement n’a rien de ponctuel.

Texte : Nicolas Liébault ; photo : Léa Desjours