La garderie éphémère qui a rouvert fin septembre à la Maison pour tous Cesária-Évora offre un cadre aux enfants et un répit à leurs parents.
Il est comme un poisson dans l’eau. Pendant l’heure et demie qu ’ il passe ce 6 octobre dans une salle de la Maison pour tous (MPT) Cesária-Évora avec d’autres enfants et des professionnelles d’E2S SCOP Petite enfance (une société coopérative et participative spécialisée dans l’accueil des moins de 3 ans), Sanounou, 2 ans, ne lâche ni son sourire ni les jouets à sa disposition. C’est que le petit garçon a déjà fréquenté cette garderie éphémère. « Je suis adhérente de la MPT, j’y avais inscrit mes deux enfants l’année dernière, raconte Dado, sa mère, installée à côté dans l’agora. C’était seulement sur une demi-journée mais ça m’a aidée, ça m’a permis de me reposer, d’aller à la salle de sport ou de faire du ménage. Et je pense que ça fait une différence pour eux, ça les prépare à l’école et à la séparation. Ma fille n’a pas du tout pleuré à la rentrée alors qu’on voit toujours des enfants pleurer. »
On en voit aussi pleurer dans la garderie, pourtant spécialement aménagée pour elles et eux avec un coin de lecture et de repos, des modules de motricité… D’où la mise en place d’un temps d’adaptation progressif et personnalisé selon leurs besoins et… ceux de leurs parents. « Parfois, c’est pour eux que c’est le plus dur et qu’il y a besoin de plus de temps, indique Marion, salariée de la Scop. On fait du cas par cas, tout en respectant un programme écrit. »
Ce jour-là par exemple, les douze petit·es inscrits sont accueillis en demi-groupe sur une durée réduite de moitié. À terme, elles et ils seront tous ensemble les lundi et jeudi matin de 9h à 12h. Des créneaux qui correspondent à ceux des ateliers socio-linguistiques dispensés à la MPT. « Il y a six places qui sont destinées aux enfants des parents qui suivent ces cours », explique Marion. L’une des mamans a préféré rester avec sa fille ce matin. « Jeudi, vous n’entrerez pas dans la salle, d’accord ? lui glisse la professionnelle. Il faut qu’elle comprenne qu’on est là pour elle aussi. »
Texte : Olivia Moulin ; photo : Léa Desjours