Myriam Thyroff : « Mes romans rendent compte d'une société assez noire »

Publiée le 13 nov. 2025

Myriam Thyroff : « Mes romans rendent compte d'une société assez noire »

Myriam Thyroff

Elle publie des romans sur Internet, dans un genre nouveau, au lectorat plutôt jeune et féminin : la dark romance. Ils nous plongent dans le milieu de la mafia, à travers des relations amoureuses toxiques.

La dark romance a son auteure courneuvienne ! Née en 1998 à La Rochelle, où elle a grandi, donc « pas du tout Courneuvienne ou Parisienne », Myriam Thyroff est, depuis cinq ans, nichée dans le quartier de la Gare avec sa famille. Elle confie que la vie y est plus « mouvementée » que dans la tranquille Charente-Maritime, et un temps d’adaptation lui a été nécessaire. Dans ce contexte, la littérature est devenue presque toute sa vie. Myriam, qui a en effet arrêté sa scolarité avant le baccalauréat et exerce des petits boulots, utilise « le temps entre (ses) mains pour pouvoir créer quelque chose avec (ses) livres ». Et c’est la dark romance qu’elle a choisie comme genre de prédilection, mêlant amour, désir et violence.

Chez Myriam Thyroff, l’écriture ne date pas d’hier. « J’ai toujours beaucoup lu, notamment Victor Hugo, et j’adore écrire, même si mes premiers textes étaient plutôt thérapeutiques », raconte-t-elle. Elle ne cache pas en effet que l’amour de l’écriture lui est venu d’un douloureux choc traumatique. Sur une plateforme en ligne, elle découvre alors des suggestions d’un genre nouveau, la dark romance, et notamment les livres d’une auteure américaine, Natasha Knight, devenue depuis une bonne amie. « Elle et ma mère, et aussi un oncle, ont été les personnes les plus importantes pour me soutenir », remercie-t-elle. Très productive, la jeune femme écrit alors coup sur coup deux premiers romans, forts volumineux (près de 700 pages), en seulement trois ans.

« Mes personnages féminins ont un caractère dur. »

Si tout vient de son imagination, ses romans reflètent aussi son rapport à la société : «Ils rendent compte d’une société assez noire, avec beaucoup de pauvreté et des riches qui sont toujours en train de s’enrichir ». Son deuxième roman traite plutôt de la famille, « sachant que la mienne est toute cassée et ça se ressent dans mes livres », confie-t-elle.

Ses héroïnes ont toujours un caractère bien trempé, « comme moi ! » Elle poursuit : « Si la femme a réussi dans la société, l’homme veut toujours avoir le contrôle sur elle, d’où le caractère dur de mes personnages féminins. » Elle invente dans ses textes des duos, un homme et une femme, dont les relations amoureuses sont « toxiques » (le propre de la dark romance), l’homme étant dans chaque livre un « fils successeur », issu d’une famille de la mafia. Sa méthode de création consiste d’abord à s’inspirer de son environnement. Par exemple, elle écoute un morceau de musique qui nourrit un chapitre. « La fin de mon dernier roman a été alimenté par ma fréquentation du cimetière de Saint-Denis », ajoute-t-elle.

Presque quotidiennement, elle s’installe à son ordinateur. Son dernier roman, le plus personnel, lui a pris un an, à raison de dix à douze heures par jour derrière son PC ! « Globalement, je laisse l’intrigue se développer au fil de la plume, sans plan de départ, même si parfois je sais ce qui va arriver à un personnage dès le premier chapitre et jusqu’à la fin », explique-t-elle.

Si, de son aveu même, le fruit de ces efforts se fait encore attendre, elle a édité ses premiers romans sur Kindle l’été dernier et espère à terme être publiée par l’édition classique. Bonne lecture ! 

Texte : Nicolas Liébault ; photo : Nicolas Liébault


Retrouvez sur Internet les deux séries de Myriam Thyroff : « Les Mambas » et « La Duologie des origines ».