Les associations, moteurs de la ville et de la vie

Publiée le 19 sept. 2025

Les associations, moteurs de la ville et de la vie

Vie associative

Aide alimentaire, remise en forme et activité physique, insertion, aide à la scolarité, accès aux droits, activités artistiques… Les associations socioculturelles et les clubs sportifs jouent un rôle essentiel dans le territoire, malgré un contexte national difficile.

Elles étaient au rendez-vous, comme d’habitude. Le 6 septembre, quelque soixante associations de la ville ont investi la place de la Fraternité pour le traditionnel forum que la municipalité organise chaque premier samedi de septembre. Elles ont renseigné les habitant·es sur leur accompagnement, procédé à des inscriptions, proposé des spectacles et des démonstrations, vendu des boissons, des mets salés et sucrés et des objets d’artisanat… Un dynamisme porté par
l’engagement de leurs membres, souvent bénévoles, et soutenu par la Ville mais qui masque des fragilités.

Textes : Olivia Moulin et Claude Rambaud ; photos : Léa Desjours

Des difficultés financières

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Un constat alarmant. » C’est ce qui ressort d’une enquête sur la santé financière des associations réalisée en mars dernier*. En cause : la hausse des charges, l’explosion des demandes et la baisse des financements publics. Comme les particulier·ères et les entreprises, les associations ont subi de plein fouet l’inflation et la hausse des coûts de l’énergie.
L’impact est direct mais aussi indirect, avec des conséquences sur les comportements des adhérent·es (baisse des souscriptions ou non renouvellement des adhésions), des donateur·rices (baisse ou arrêt des dons) et des bénévoles (réduction ou arrêt des déplacements et des activités). Cette augmentation des prix intervient alors que les associations voient, depuis une vingtaine d’années, la pauvreté et les besoins sociaux flamber et les subventions de l’État et des collectivités territoriales diminuer.

Malgré ce contexte d’austérité budgétaire, la Ville a quant à elle fait le choix de maintenir le niveau global de ses aides. La chute des subventions résulte aussi d’une évolution structurelle : les pouvoirs publics passent de plus par des commandes et des appels à projet, ce qui met en concurrence les acteurs associatifs entre eux et avec d’autres organisations, et réclame des pratiques et des compétences nouvelles. Cette « gestionnarisation […] dénature leur action et contribue à la perte de sens que beaucoup d’associatifs déplorent », ont regretté deux membres du Conseil économique social et environnemental dans un avis publié en mai 2024**.


* Santé financière des assos : enquête, réalisée par l’Observatoire régional de la vie associative Hauts-de-France auprès de 5 557 dirigeant·es associatifs en France pour le Mouvement associatif, le Réseau national des maisons des associations et Hexopée.

** Renforcer le financement des associations : une urgence démocratique, de Martin Bobel et Dominique Joseph.

Ghislaine, 44 ans à la recherche d'une mission de bénévolat
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« Tout le monde peut prêter l’oreille aux autres. »

Elle en est convaincue : parler à quelqu’un, ça aide. « Ça ne résout pas forcément le problème, mais c’est très important d’évacuer le truc», observe Ghislaine, agente d’entretien et de cantine au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis. « Tout le monde ne peut pas intervenir, mais tout le monde peut prêter l’oreille aux autres. » Alors, elle voudrait agir auprès de personnes victimes, comme elle le fait déjà dans son établissement via le dispositif de repérage et de prise en charge du harcèlement scolaire « Sentinelles et référents ». « Je suis allée au Forum des associations et j’ai fait plein de stands, mais ce n’est pas toujours clair de savoir quels sont leurs besoins de bénévoles. »
Pour la structure caritative Alo Do Alomin, qui prend le relais du Secours populaire pendant sa période de fermeture estivale, c’est passé par le bouche-à-oreille. « La mère d’une amie de ma fille m’a conseillé de venir prendre un colis, mais à la place j’ai apporté de l’aide. Avec la vie chère, il y a tellement de personnes qui sont diminuées. Et en France, il y a de plus en plus de travailleurs qui sont à découvert à la fin du mois.» À ces personnes, à ces travailleur·ses, elle a prêté l’oreille et parlé pendant les distributions. « Il y en a qui se sentent gênés, je leur dis qu’il faut mettre leur honte à la poubelle et lever la tête ! Ils ne volent rien et ils paient une participation symbolique de 3 à 5 euros. »

Nadia, 55 ans, bénévole au Secours populaire français

Nadia
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« Faire du bien, ça fait du bien. »

Vingt ? Trente ? Nadia ne sait pas combien d’heures elle passe chaque semaine au local du Secours populaire français – Comité de La Courneuve, avenue de la République. « Mes enfants me disent que j’y suis souvent quand même, mais faire du bien, ça fait du bien, ça me fait plaisir », sourit la bénévole, qui a rejoint l’association il y a « un peu plus de dix ans ». Décidément, pas de nécessité pour elle de faire le compte. « J’avais besoin de donner de mon temps, j’ai été bénéficiaire du Secours populaire à une époque et je me disais : “Heureusement que les associations sont là pour
aider les gens qui n’y arrivent plus”. » Nadia a commencé en rangeant les produits en rayon et en aidant les personnes accueillies à remplir leur Caddie lors des distributions, avant d’endosser en plus la casquette de « référente alimentaire ». Sa mission : suivre la gestion, la réception, la mise en place et le stockage des denrées données par les grandes surfaces. « Au départ, on fait le tri pour savoir ce qu’on garde et ce qu’on ne garde pas, ce qu’on doit mettre au frigo ou au congélateur. » Présente toute la journée le lundi et le vendredi pour préparer les distributions du mardi et du samedi, elle vient au moins une demi-journée supplémentaire. En une dizaine d’années, la situation s’est détériorée : « On reçoit moins de dons qu’auparavant et on a de plus en plus de bénéficiaires… » constate Nadia. Pas de quoi entamer son engagement : « On a une très bonne équipe et on essaie d’avoir une bonne
ambiance. Il y a eu des moments où on manquait de bénévoles, mais on est au complet maintenant et il y a des petits jeunes ! »

Azhar, 30 ans, bénévole à l'AS La Courneuve

Azhar
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« Voir des gamins progresser sur une saison, c’est le kif ! »

Tous les jours, par tous les temps, Azhar foule les pelouses du stade Géo-André. Le jeune homme à la silhouette franchement sportive est soumis à un planning chronométré comme un match de foot : Azhar est cette année responsable des catégories U10 (enfants de 10-11 ans) à U13 (enfants de 12-13 ans) de l’AS La Courneuve. Il encadre donc une vingtaine d’entraîneurs : « Je vérifie que tout le monde est à son poste à l’heure dite, que tous les gamins sont accueillis, j’aide les coachs à animer leurs séances. » Il enquille les heures de présence au stade comme il enfile les buts, en véritable attaquant-né. « Le foot, c’est…j’ai la fibre quoi, quelque chose comme ça… » Un talent repéré par les meilleurs clubs de la région, dans lesquels il a évolué à un bon niveau avant de revenir à l’ASC : « Ce club m’a énormément donné, c’est une chance de pouvoir restituer un peu… Il y a trois ans, j’ai assisté mon cousin qui coachait une séance : direct, je me suis passionné pour ce nouveau rôle ! » Une véritable vocation d’éducateur au sens large : « La technique individuelle est fondamentale : voir des gamins qui ne touchaient pas le ballon enchaîner cinquante jongles dix mois après, c’est une belle récompense. Mais voir qu’ils ont saisi les valeurs de rigueur, de travail, d’abnégation, de respect des autres, c’est un vrai sentiment de mission accomplie ! »

Comment trouver une mission de bénévolat ?

Envie de donner de votre temps pour une cause qui vous tient à cœur ? Les plateformes en ligne TousBénévoles et JeVeuxAider listent les missions proposées par les associations, courtes ou longues, ponctuelles ou régulières, en présentiel ou en distanciel, mais parfois un peu éloignées du lieu renseigné. À La Courneuve, vous pourrez trouver à la Maison de la citoyenneté James-Marson, dans le hall d’entrée, un tableau avec des fiches mission remplies par des structures de la ville.