Si vous êtes âgé de 16 à 30 ans, les Contrats courneuviens de réussite (CCR) permettent de demander une aide, notamment financière, pour vos projets individuels ou collectifs. Voici deux témoignages sur ce dispositif municipal d’accompagnement.
Arany Ponniah, 26 ans
Le mélange culturel qui caractérise la ville, Arany Ponniah en a fait sa plus-value professionnelle : « La papèterie et les faire-part sont souvent standard, sans patte personnelle », a-t-elle constaté. Après que sa cousine lui a demandé un faire-part original, elle décide de monter sa micro-entreprise de fabrication en s’appropriant les codes de différentes cultures, mais sans verser dans les stéréotypes. Le projet Mahéra a ainsi germé en 2018.
Née en 1998 de parents venus du Sri Lanka et habitante des Quatre-Routes depuis toujours, les inspirations d’Arany Ponniah sont dans le quartier : la médiathèque Youri-Gagarine, le feu d’artifice au stade Géo-André, la fête de Ganesh… « C’est lors du diplôme universitaire de technologie (DUT) Métiers du multimédias et de l’Internet que j’ai vraiment trouvé ma voie dans le graphisme », se rappelle-t-elle. Voie poursuivie lors d’une licence puis d’un master.
L’opportunité de suivre la formation Les Essentielles à la pépinière d’entreprises la MIEL et aussi le précédent d’un père entrepreneur lui font se dire : « Pourquoi pas à mon compte ? » Seule à bord, Arany Ponniah a aujourd’hui plusieurs casquettes : cheffe d’entreprise, graphiste, comptable, communicante… « Je vais ouvrir un city commerce pour vendre mes créations », prévoit-elle. Si son cœur de projet est Mahéra, elle est aussi freelance dans l’identité visuelle, le tout depuis chez elle. « L’aide du CCR (1 900 euros) va me permettre de financer du matériel d’impression pour tout réaliser de A à Z, de la création à la livraison », se réjouit-elle. En contrepartie de l’aide, la jeune femme est prête à donner (entre autres) des cours à des enfants.
Ali Coulibaly, 19 ans
Né en 2006, Ali Coulibaly est arrivé à La Courneuve à l’âge de 5 ans et n’en a pas bougé… jusque très dernièrement. Il vient en
effet d’entamer un parcours de sport-études de football à l’université St. Clair County Community College dans le Michigan, aux États-Unis.
Le football, c’est déjà toute sa (jeune) vie courneuvienne. « Il y avait le terrain de foot au pied de Balzac, où j’habite, j’y ai trop des bons souvenirs ! Quand je sortais de l’école Joliot-Curie, je n’avais qu’une envie, c’était d’aller jouer avec les potes, se rappelle-t-il. Le foot m’a apporté tellement de choses, que ce soit la fraternité ou même se battre pour les autres sur le terrain ! » Alors qu’il est inscrit dans un BTS Management commercial opérationnel à Aubervilliers, une opportunité en or s’offre à lui : une agence de recrutement de sportifs français (il est dans les trente-six meilleurs joueurs du département) lui propose une bourse de sport-études aux États-Unis, où il doit séjourner jusqu’en décembre.
L’aide du CCR (2 600 euros) l’aide à payer l’hébergement et l’avion, les frais de scolarité étant couverts par la bourse américaine. À l’issue de cette expérience, le footballeur espère décrocher un contrat de joueur professionnel, « le graal ». Il se reconnaît en cela dans le parcours de N’Golo Kanté, passé professionnel à 26 ans, qui prouve que l’on peut devenir pro même après 18 ans. Un rêve à l’américaine !
Textes : Nicolas Liébault ; photos : Léa Desjours