C’est un droit essentiel : comme pendant l’été avec l’organisation de La Courneuve Plage notamment, la municipalité s’emploie à faire du droit aux loisirs une réalité pour les petit·es et les grand·es tout au long de l’année.
Difficile de savoir qui sont les plus émerveillés : les parents ou les enfants ? Ce mardi d’octobre baigné de lumières automnales, Nassira et Nassim, venus en famille avec Ayoub, 10 ans, Célia, 9 ans, Adem, 5 ans, et Lana, 7 mois, n’en finissent pas de s’extasier devant l’âne Marmot, ses manières et ses manies. C’est avec cet animal que le conteur Gilles les promène dans le parc boisé et les jardins du château d’Auvers-sur-Oise et dans l’univers du peintre Vincent Van Gogh, qui a vécu dans la ville. Un animal très familier pour les deux adultes, originaires de Kabylie : « Avant, quand il n’y avait pas de voiture, les gens de ma famille utilisaient des ânes pour transporter de l’eau, de la nourriture, des outils… Mon papi fait encore les courses comme ça », sourit Nassira. La mère de famille se régale aussi des informations sur la faune et la flore locales distillées par Gilles, tout en blagues et en bonne humeur.
Nassim, son épouse et leurs enfants font partie des trente-neuf adhérent·es de la Maison pour tous (MPT) Cesária-Évora qui se sont inscrits à cette sortie en car. Comme à toutes les vacances, le centre social propose de nombreuses activités dans ses murs (atelier de découverte et de dégustation de miel, après-midi déguisé sur le thème d’Halloween…) ou en extérieur (séance d’escalade dans la salle Climb Up Aubervilliers, cette visite guidée...). Le but ? Permettre aux habitant·es de s’amuser, de se dépenser, de se cultiver, de s’échapper… en solo, entre amis ou en famille.
« Rien que d’entendre le nom Van Gogh, ça m’a donné envie de venir. Et d’aller ailleurs, ça me va toujours, si ça ne tenait qu’à moi, je prendrais mon bâton de pèlerin et je ferais tous les pays ! On n’est pas si loin que ça de La Courneuve, mais c’est vraiment dépaysant ici », confirme Aïssatou, une autre participante.
Pour concevoir le programme, l’équipe de la MPT mise toujours sur la coconstruction. « On ne fait pas pour les adhérents, on fait avec eux », insiste Salma Khalis, animatrice famille. Lors du comité d’animation mensuel organisé au sein de la structure, la référente famille et elle réfléchissent et échangent ainsi avec les 5, 10, 15… personnes présentes pour décider quelles activités seront proposées lors des prochains congés scolaires. En prenant en compte les budgets « transport en car », « billetterie », « alimentaire » et « prestataire ». « On est vraiment transparentes avec les adhérents et on doit parfois leur rappeler la réalité du terrain : si on organise une sortie au parc Astérix, par exemple, on ne pourra pas faire grand-chose d’autre. On essaie aussi de leur suggérer des choses qu’ils ne connaissent pas, en culture ou en patrimoine. »
Si les participant·es donnent souvent leur avis dès la fin de l’activité ou leur retour à la MPT, les agent·es de la Ville font un véritable bilan lors du comité d’animation. « On a souvent moins de monde à la Toussaint qu’à Noël, mais ça ne dépend pas que de la qualité du programme. Les familles répondent aussi en fonction de leur portefeuille, indique Afeef Dehissy, responsable de la MPT. Cette rentrée scolaire a été hyper difficile pour elles, entre le coût des fournitures et celui des activités extrascolaires. » D’où l’engagement du centre social, comme de ses homologues Aïcha-Belaïdi et Aoua-Keïta, de proposer des sorties à tout petit prix (1,40 euro par personne ou par famille) et d’organiser des roulements pour qu’un maximum d’adhérent·es puissent en profiter. L’émerveillement, c’est pour tout le monde.
Textes : Olivia Moulin ; photos : Léa Desjours
Le mot vacances
Selon l’Organisation mondiale du tourisme, « partir en vacances » consiste à faire un déplacement d’agrément comprenant au moins quatre nuits consécutives en dehors de son domicile.
Des sports insolites pour les jeunes
Kimono ? Kinéball ? Kingsman ? Les douze jeunes réunis ce 23 octobre dans une partie du gymnase du centre sportif Béatrice-Hess hésitent en rigolant sur le nom du spor t que des éducateur·trices sportifs de la Ville vont leur faire tester dans le cadre des activités physiques gratuites proposées aux 10-17 ans lors des vacances. C’est du kinball. Les règles du jeu ? Sur le terrain, trois équipes de quatre joueur·euses s’affrontent avec un gros ballon d’environ 1 m et 1 kg. L’équipe en possession du ballon en d signe une autre qu’elle veut attaquer. Trois de ses joueur·euses maintiennent le ballon, que le ou la quatrième doit toucher en même temps puis lancer et que les joueur·euses de l’équipe désignée doivent rattraper avant qu’il touche le sol, en utilisant n’im-porte quelle partie de leur corps. Si les joueur·euses de l’équipe désignée ne rattrapent pas le ballon, les deux autres équipes marquent un point.
Le kinball est donc l’un des rares sports collectifs qui ne reposent pas sur un duel mais sur une coalition. « C’est coopératif et ludique, ça doit faire trois-quatre ans qu’on le met au programme, indique Claude Verdier, l’un des éducateur·trices présents à Béatrice-Hess. On essaie de faire découvrir aux jeunes des sports originaux par rapport à ceux qu’ils connaissent déjà et qu’ils peuvent pratiquer sans nous. » Après le kinball la première semaine, c’est du scratch-ball qui est proposé la seconde semaine aux côtés de disciplines plus classiques comme la natation, le tennis de table ou le foot en salle.
Une nouvelle vie pour l'espace jeunesse Guy-Môquet
Soudain, plongée dans l’obscurité et traversée d’êtres déguisés et masqués, la salle Mentor de l’Espace jeunesse Guy-Môquet prend un aspect très effrayant. Normal, elle est rebaptisée « salle du rituel » ce 24 octobre, jour où le service Jeunesse propose un escape game géant sur le thème d’Halloween aux enfants inscrits aux centres de loisirs et aux adolescent·es inscrits aux Espaces jeunesse pour les vacances. « Couloir de la mort », « dojo maudit »…, presque tous les espaces de l’étonnant édifice dessiné par l’architecte René Py sont décorés pour accueillir les cris, les grimaces, les tressaillements et les sursauts des quelque deux cents jeunes attendus pendant l’après-midi, sur cinq sessions.
« C’est un lieu foncièrement mystérieux, on ne pouvait pas faire ça ailleurs », explique Sassa Hadjara, du service Jeunesse. Voilà six mois que son équipe et elle préparent cette initiative XXL, en partenariat avec une société prestataire spécialisée dans les escape games, pour le plus grand plaisir de nombreux participant·es. « Arrêtez d’avoir peur, ce n’est pas Dracula mais un animateur ! » lance, bravache, l’un des jeunes aux autres. Et ce n’est pas un château hanté, mais un bâtiment définitivement fait pour elles et eux.
40 %, c’est le pourcentage de Français·es qui ne sont pas partis au moins une fois en vacances en 2023. Un chiffre qui stagne depuis vingt ans.