La vie de ce Courneuvien de cœur et d’adoption natif du Pakistan, auteur pour plusieurs médias français et pakistanais, est entièrement tournée vers la poésie et la littérature.
Je me suis découvert une passion pour la poésie dès l’âge de 5 ans », sourit Ayaz Mahmood Ayaz, 45 ans, lorsqu’il se livre sur son parcours de vie, débuté dans un petit village de la province du Pendjab, au Pakistan. Habitant de La Courneuve depuis une vingtaine d’années, ce quadragénaire élégant, au visage doux et à la voix posée, sillonne aujourd’hui l’Europe pour parler de poésie en tant que journaliste et conférencier, et pour faire découvrir ses propres poèmes à des auditoires qui comprennent l’ourdou
ou le pendjabi (les deux langues parlées durant sa jeunesse, au Pakistan). Ayaz Mahmood Ayaz a lu ses vers en ourdou, le 19 septembre dernier, à la Maison de la citoyenneté James-Marson, lors d’une soirée pour la paix organisée par l’association Poètes de la planète, créée par l’auteur et éditeur français Francis Combes. L’invitation coulait de source pour cet auteur de sept recueils de poèmes, tous publiés et diffusés au Pakistan. Il précise avoir pour principaux sujets « l’amour, la paix et la dénonciation des injustices sociales, hélas nombreuses au Pakistan ».
« J’ai envie de revivre les jours heureux vécus là-bas. »
Son village natal, quitté à 12 ans pour débuter des études secondaires, puis universitaires, à Lahore, est une autre source d’inspiration : « C’est le village de ma jeunesse et je m’attache à y conserver ma maison, où je me précipite à chaque voyage sur place ! J’ai envie de revivre les jours heureux vécus là-bas. »
La Courneuve, et le monumental parc Georges-Valbon, a aussi une place spéciale dans son cœur désormais : « Pour les poètes, l’automne est ici une saison exceptionnelle. Et j’ai énormément d’attaches et d’amis dans cette ville, où vit une importante communauté pakistanaise. »
L’homme de lettres – peu à l’aise en français mais parfaitement anglophone – est également devenu l’un des principaux porte-voix de la communauté franco-pakistanaise. À son arrivée en France, en 2006, et après un court passage dans l’industrie hôtelière, il écrit son premier article pour un quotidien pakistanais, puis travaille pour diverses chaînes de télé.
Ayaz Mahmood intervient désormais régulièrement sur Suno News, une importante plateforme d’information pakistanaise, et pilote, depuis Paris, sa propre émission pour la chaîne internet franco-pakistanaise FP92TV (le 92 ne fait pas référence au département francilien mais à l’indicatif international utilisé pour téléphoner au Pakistan !). Le nom de ce programme ? Sukhanwar. « Au Pakistan, où vivent de nombreux romanciers et poètes, on appelle “sukhanwar” celui qui parle avec éloquence de poésie », explique-t-il. Se croisent régulièrement sur le plateau, entièrement dédié à la culture, des poètes en ourdou (Bakshi Shaaz Malik, Waqar Hashmi…) et de célèbres chanteurs ou présentateurs de télévision de passage à Paris (Faiz Ali Faiz, Iqrar Ul Hassan…). Des voix que les 200 000 Pakistanais·es qui se sont établis en France se plaisent à retrouver.
Texte : Christophe Dutheil ; photo : Francesco Gattoni