Aux racines de la boxe thaïe

Publiée le 14 nov. 2025

Aux racines de la boxe thaïe

Plusieurs adhérent·es du Derek Boxing ont effectué un stage d’entraînement intensif et un combat en Thaïlande, pays de naissance de l’art martial qu’elles et ils pratiquent.

À Phuket, la plus grande île thaïlandaise, on peut se prélasser sur une plage de sable blanc, se régaler d’un pad thaï, faire du snorkeling, se rafraîchir avec de l’eau de coco… ou s’entraîner à la boxe thaïe deux fois deux heures par jour avec des coachs qui ne rigolent pas au « camp » Revolution Muay Thai. « Je n’avais jamais fait ça : au début, j’ai cru que je n’allais pas tenir physiquement ! » raconte Isaac, 17 ans dont dix déjà passés au Derek Boxing, ce 6 novembre lors d’un entraînement au centre sportif Béatrice-Hess. Le jeune homme fait partie des cinq adhérent·es du club rentrés la veille de deux semaines de stage d’entraînement intensif, en Thaïlande donc, avec des encadrants du Derek Boxing à leurs côtés.

Le sport national en Thaïlande

« La boxe là-bas, ça n’a rien à voir avec ici, c’est leur sport national, ils font tout mieux que nous », lance Joël César, entraîneur du club qui a vécu quelques années dans le pays. « On voit vraiment la différence au niveau technique, confirme Sonia, 32 ans, passée professionnelle depuis son entrée au Derek Boxing. Aller en Thaïlande, ça nous a permis à tous de progresser et d’évoluer. » Et de « sécher », comme l’explique Adam, 21 ans. « Je ne suis pas très puissant normalement, mais j’ai vu mon corps changer très rapidement. C’était super éprouvant musculairement, j’ai eu des courbatures après chaque entraînement ! »

À l ’exception de Sonia, qui se prépare et se ménage pour le championnat d ’Europe féminin WMC (World Muaythai Council), les jeunes ont aussi effectué un combat en conditions professionnelles sans protections (plastron, gants, casque, protège-tibias…), à l’occasion d’un gala au stade Bangla Boxing. En la matière, la réglementation n’est en effet pas la même qu’en France et en Europe. « Les premiers coups de coude que j’ai reçus, ça m’a fait un choc, rigole Aya, 20 ans, pour qui c’était le tout premier combat. Mais ça m’a poussée, c’était une expérience hyper positive, j’ai tout donné. La boxe apporte beaucoup de mental. » Même enthousiasme pour Faïza, 25 ans : « J’étais hyper contente, hyper fière de moi, de ne pas avoir pris de KO. » 

Au-delà des gains physiques et techniques, ce voyage, financé en partie par la Ville, était l’occasion de faire découvrir aux adhérent·es « une autre culture, une autre façon de vivre, et de leur montrer la différence entre leur pratique ici et la pratique là-bas », insiste Lahcène Brigui, secrétaire du club. En Thaïlande, la discipline née il y a des centaines d’années n’est pas un loisir mais un travail, l’un des rares moyens de s’extirper de la pauvreté pour des populations souvent rurales. « Ils commencent dès le plus jeune âge, il y a des petits de 7 ans qui combattent pour rapporter de l’argent à la maison », glisse Isaac. Une leçon digne d’un uppercut. 

Texte : Olivia Moulin ; photo : Derek boxing

boxe thaïe