Covid-19 : couvre-feu instauré

Covid-19 : couvre-feu instauré

Covid

Mercredi 14 octobre, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la mise en place d'un couvre-feu entre 21h et 6h du matin, dès samedi 17 octobre. Cette mesure est entrée en vigueur vendredi à minuit dans les villes de la région Île-de-France mais aussi à Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Lille, Saint-Etienne, Rouen et Toulouse.

Cette mesure durera six semaines. Le non-respect du couvre-feu entrainera une amende de 135 euros. 1500 euros en cas de récidive. Des dérogations seront prévues pour se rendre chez le médecin, la pharmacie de garde ou l’hôpital, pour raison professionnelle, pour les déplacements en avion ou train (le billet faisant foi) ainsi que pour se rendre auprès d’un proche dépendant ou pour sortir son animal de compagnie. Les restaurants, cinémas ou encore salles de spectacles devront fermer au public avant 21 heures. Emmanuel Macron a préconisé “deux à trois jours de télétravail par semaine” dans les entreprises où cela est possible, pour “réduire un peu la pression collective”.

Un décret rétablissant l’état d’urgence sanitaire, qui avait pris fin le 10 juillet, a été adopté mercredi 14 octobre en Conseil des ministres et entrera en vigueur à partir de samedi, en raison de l’aggravation de l’épidémie de coronavirus.

Retour de l'attestation de déplacement obligatoire

Les déplacements à visée uniquement sociale ne sont plus possibles lors de ce couvre-feu. Tous les déplacements après 21 heures, dans les zones concernées par le couvre-feu, devront être justifiés par une attestation dérogatoire dès samedi, qui ne sera valable qu’une heure. Les personnes contraintes d'aller travailler le soir, ou celles pouvant prouver de nécessités impérieuses ou d'urgences (familiales, liées à la santé…), pourront sortir mais devront pouvoir le justifier (justificatif de son entreprise ou sa carte professionnelle lorsqu’on est infirmière libérale ou journaliste).

Les 5 motifs de dérogation :

  • raison de santé
  • raison professionnelle
  • aider un proche dépendant
  • prendre un train ou un avion
  • sortir son animal de compagnie

Cette attestation est disponible sur le site du gouvernement.

L’ensemble du pays est concerné par le passage en état d’urgence sanitaire et certaines mesures s’appliquent désormais partout en France :

  • pas de rassemblement à plus de 6 dans l’espace public ;
  • interdiction des rassemblement privés (mariage, soirée étudiante…) ;
  • protocole sanitaire renforcée dans les restaurants ;
  • règle d’occupation d’un siège sur deux ou groupe de 6 dans les lieux où l’on est assis ;
  • régulation des visiteurs dans les établissements recevant du public (ERP) : 4m² par personne ;
  • renforcement du télétravail : 2 à 3 jours minimum ;
  • accueil de maximum 50% des étudiants en présentiel dans les universités.

Les déplacements entre les zones d’état d’urgence sanitaire simple et d’état d’urgence sanitaire avec couvre-feu ne sont pas interdits ou limités. Une limitation à 100 km serait inefficace étant donné que le virus circule librement sur tout le territoire et même pénalisante pour les travailleurs ayant besoin de se déplacer.

Il est donc possible de retrouver ses proches pendant les vacances de la Toussaint mais il est fortement recommandé de limiter ses réunions familiales ou amicales à 6 personnes maximum et de maintenir le respect strict des gestes barrières particulièrement en présence d’un proche âgé et les espaces clos.
 

 

Dimanche 4 octobre, en raison du dépassement des nouveaux seuils d’alerte, Paris, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis ont été placés en état d'alerte maximale. Au lendemain de cette annonce, une conférence de presse a permis de préciser les nouvelles restrictions à compter du 6 octobre et pour une durée de 15 jours.

Depuis le 25 septembre, les départements où le Covid circule activement sont classés en trois zones suivant la gravité de leur situation sanitaire : zone d’alerte, zone d’alerte renforcée et zone d’alerte maximale. Ces trois niveaux d’alerte engendrent, de facto, de nouvelles mesures restrictives, applicables pour 15 jours et réévaluées chaque semaine. 

La Seine-Saint-Denis est désormais placée en zone d’alerte maximale. Lors de la conférence de presse du 5 octobre, Didier Lallement, préfet de police de Paris, a rappelé l’importance du strict respect des gestes barrière : port du masque, réduction des fréquentations sociales et lavage des mains en précisant que « ces gestes simples permettaient d’assurer une défense efficace pour soi-même et pour les autres ». Il a également rappelé que le télétravail était à privilégier et que les visites dans les Ehpad sont possibles uniquement sur rendez-vous et dans la limite de deux visiteurs.

COVID 19 : LES CHIFFRES CLÉS EN ÎLE-DE-FRANCE

  • 36 % taux d’occupation des lits en réanimation en Île-de-France (seuil critique : 30 % ; prévisions à 50 % d’ici 15 jours)
  • + de 2300 patients Covid hospitalisés
  • 3500 cas de Covid confirmés par jours sur la région, soit 3,5 fois plus qu’il y a un mois
  • 203 clusters actifs identifiés à ce jour dont : 1/3 des clusters dans les milieux professionnels et 10 % des clusters issus de rassemblements familiaux et amicaux (chiffre qui a doublé depuis la rentrée)

Quelles restrictions pour la Seine-Saint-Denis ?

Les restrictions qui s’appliquaient déjà depuis le 25 septembre, étendues jusqu’au 19 octobre inclus.

Interdiction des rassemblements :

  • de plus de 10 personnes sur la voie publique (hors manifestations revendicatives, transports, centres de dépistage, …) ;
  • de plus de 1000 personnes à l’extérieur ou dans des structures couvertes ;
  • à caractère festif ou familial dans les établissements recevant du public (hors mariages et cérémonies funéraires).  

Restriction des activités entre 22h et 6h :

  • interdiction des activités de vente à emporter, la livraison à domicile reste autorisée ;
  • interdiction de vendre de l’alcool à emporter ;
  • interdiction de diffuser de la musique ou toute activité musicale pouvant être audible depuis la voie publique.
  • Interdiction des activités sportives dans les lieux fermés (gymnases, salles polyvalentes et piscines), sauf pour les sportifs professionnels et les mineurs.  

Les mesures complémentaires en vigueur, dès mardi 6 octobre et pour 15 jours :

  • la fermeture totale des cafés et des bars (les restaurants, dont l'activité principale est la vente d'alimentaire, pourront rester ouverts sous respect d'un nouveau protocole sanitaire) ;
  • une capacité d’accueil réduite à 50 % de tous les lieux universitaires et l’interdiction des fêtes étudiantes ;
  • la fermeture des différents types de structures accueillant des salons, des foires, ou tels que des chapiteaux qui n’étaient pas explicitement visés précédemment ;
  • la fermeture des clubs de jeu, salles de danse et salles de jeu ;
  • une jauge à 50% de la capacité maximale (dans la limite de 1000 personnes) pour les établissements de plein air (stades, hippodromes, …), hors équipes techniques ;
  • une jauge à 4 m² par client dans les centres commerciaux et les grands magasins. 

À NOTER

Les lieux culturels, cinémas et musées, resteront ouverts et les distributions alimentaires et les aides aux plus modestes ne sont pas concernées. 

 

Un.e de mes proches est en Ehpad : comment aller le/la voir ?

Dans les Ehpad, les visites ne seront organisées que sur rendez-vous, avec au maximum deux personnes, si possible dans un espace dédié. Les Ehpad doivent garantir cette possibilité le week-end et hors-journée. En cas de non-respect des gestes barrière, les visites pourront être annulées. Les sorties collectives et individuelles, notamment dans le cercle familial, seront limitées.

À NOTER

Les accueils de jour sans entrée séparée seront fermés. 

 

Quels nouveaux protocoles sanitaires pour les restaurants ?

Contrairement aux bars et cafés qui doivent fermer leurs portes, les restaurants, dont le revenu principal provient de la vente alimentaire, peuvent rester ouverts à leurs horaires habituels mais doivent respecter de nouvelles mesures sanitaires :

  • 1 mètre de distance entre les chaises des différents groupes de convives et mise à disposition de gel hydroalcoolique sur toutes les tables ;
  • 6 personnes maximum par table (contre 10 précédemment), enfants compris, qui devront conserver leur masque, sauf au moment de la consommation des plats ;
  • un carnet de rappel sera mis à disposition des clients qui devront laisser leur nom, numéro de téléphone et/ou leur mail, ainsi que la date et l’heure de leur venue pour être contactés rapidement en cas de contamination éventuelle ;
  • un paiement directement à table ;
  • une incitation des clients à réserver pour éviter les attroupements ;
  • les restaurants devront afficher, à l’extérieur, une jauge indiquant la capacité totale de l’établissement.  

À NOTER

Aucune prise de température ne sera réalisée à l’entrée

 

Les mesures Covid en quatre questions

1. Qui peut se faire dépister ?

Tout le monde à partir du moment où vous présentez des symptômes ou si vous avez été en contact avec une personne atteinte du Covid 19. 

Les cas prioritaires pour les tests sont :

  • les personnes qui ont une prescription médicale ;
  • les personnes symptomatiques ;
  • les personnels de soin ;
  • les cas-contact.

Trouver un lieu de dépistage près de chez soi : c'est ici !

 

2. Quelles sont les nouvelles règles sur les jours d’isolement ?

Le gouvernement a réduit la période d’isolement nécessaire pour éviter toute contamination de 14 jours à 7 jours :

  • 7 jours d’isolement après les symptômes ;
  • 7 jours d’isolement après un test positif ;
  • 7 jours d’isolement après avoir eu un contact avec un malade.

Pourquoi cette mesure ? « Le respect sera plus simple à 7 jours car le risque de transmission du virus au-delà de 5 jours après le début des symptômes est de 5 % environ », explique le ministre de la Santé

À NOTER
Si vous êtes cas contact, vous devez réaliser un test 7 jours après le dernier contact avec la personne atteinte du Covid 19. Les « cas contact de cas contact » ne sont pas reconnus comme cas contact.

3. Quand mon enfant ne doit-il plus aller à l’école ?

  • Votre enfant est malade (rhum, nez qui coule, maux de gorge…), vous appelez votre médecin généraliste et, si son état le permet, vous le laissez à l’école
  • Votre enfant a passé un test de dépistage Covid 19, il reste à la maison jusqu’aux résultats du test et pourra revenir à l’école si le test est négatif et après avis médical.
  • Votre enfant est cas contact d’un cas confirmé Covid 19, il reste à l’école jusqu’à ce qu’il fasse le test Covid 19
  • L’enfant est cas confirmé Covid-19, il reste à la maison durant 7 jours, jusqu’à sa guérison et après avis médical.
  • Un membre du foyer familial est cas confirmé Covid 19, votre/vos enfants restent à la maison. Il pourra retourner en classe seulement après accord médical.


À NOTER
En cas de suspicion de la Covid 19 chez l’enfant, les parents doivent impérativement, prévenir l’école ou l’établissement scolaire.


4. Quels dispositifs pour les parents qui doivent garder leur.s enfants ?

Si votre enfant est malade, s'applique le congé enfant malade dont vous devez bénéficier dans votre entreprise.

Si votre crèche, école ou collège est fermé et que vous devez garder vos enfants, si vous êtes salarié du privé, vous pouvez être placé en activité partielle si le télétravail n'est pas possible pour vous. 

Trois cas sont prévus :

  • les salariés du privé seront placés en situation d'activité partielle (rémunérée à hauteur de 84% du salaire net jusqu'au 1er novembre, puis à un taux dégressif)
  • les travailleurs indépendants et les contractuels de droit public bénéficieront d'indemnités journalières
  • les fonctionnaires seront placés en autorisation spéciale d'absence (ASA).

À NOTER
L'indemnisation pourra bénéficier à un seul parent par foyer, uniquement en cas d'incapacité de télétravail des deux parents, et sur présentation d'un justificatif attestant de la fermeture de la classe.

 
[NOUVEAU] Qu’est-ce qu’un test antigénique ?

Depuis le 16 septembre, les tests antigéniques, plus rapides, sont autorisés pour réaliser des opérations de dépistage dans la population générale, mais pas pour les personnes avec des symptômes ou les cas contacts. Les tests antigéniques sont, comme les tests dit « PCR », réalisés à partir de prélèvements dans les narines, mais ils ne nécessitent pas une analyse en laboratoire car ils ne recherchent pas les mêmes signes de la présence du virus que le test PCR. En cas de résultat positif, le test antigénique doit être confirmé par la réalisation d'un test PCR, qu'il n'a donc pas vocation à remplacer. 

À NOTER

Les tests antigéniques et tests salivaires seront remboursés comme les tests PCR.

 

Texte : Vanessa Jollet

Continuons à respecter les gestes barrières