On achève bien les autoroutes

On achève bien les autoroutes

Autoroutes Holos

Ayant travaillé dans le cadre de la consultation internationale « Les routes du futur du Grand Paris », le collectif Holos préconise la transformation progressive des autoroutes en zone dense francilienne, et notamment celle de l’A1 et de l’A86. Explication.

Consulté sur l’avenir du réseau routier et après des mois de travaux, le collectif Holos en est arrivé à la conclusion suivante : la présence d’autoroutes dans la zone dense en Île-de-France est un non-sens. « Si nous continuons sur les tendances actuelles, nous allons vers des conséquences irréversibles », alerte Louis Baudry de l’agence Richez Associés, concepteur mandataire du collectif. Et de citer la pollution de l’air, le bruit, la pollution des sols, celle des eaux… Un non-sens urbanistique aussi puisque la partie centrale de l’Île-de-France est déjà desservie par le métro, le bus, le RER, le vélo. « Le paradoxe est une hypermobilité, mais en même temps un souhait de ralentissement de la part de la population, comme le montre l’usage du vélo à l’occasion de la crise du Covid-19 », note l’urbaniste. Pourquoi les autoroutes seraient-elles obsolètes ? « Parce que la ville les a peu à peu intégrées, si bien que d’interurbaines elles sont devenues intra-urbaines », argumente Louis Baudry. Le collectif Holos préconise donc de les supprimer pour les remplacer par des « voies apaisées ». Ainsi, l’A86, qui sert pour les deux tiers à des courtes distances et pour le troisième tiers à des parcours domicile-travail et de transit, pourrait être transformée en « avenue métropolitaine ». Quant à l’A1, le collectif propose son « débranchement » au niveau du début du parc Georges-Valbon à l’angle de la D114. De ce fait, il serait possible de passer progressivement sur l’A1 de 2 x 3 voies aujourd’hui à 2 x 2 voies en 2050. Des voies qui pourraient être réservées aux bus à haut niveau de service (BHNS), au covoiturage, aux ambulances, à la logistique, aux pistes cyclables. Le collectif propose de transformer l’A1, dégagée du fort trafic, en « chaussée communale, reconnectée de manière perpendiculaire à la trame viaire locale », imagine Louis Baudry. Cela passerait par l’aménagement de traversées piétonnes avec des carrefours à feux, des places urbaines au niveau des interconnexions. La flore existante sur les friches serait valorisée et reliée au parc Georges-Valbon. L’eau circulerait à ciel ouvert, irriguant les végétaux, réduisant les îlots de chaleur. Elle servirait aussi à asperger la route pour baisser la température.  Le tissu urbain entre les 4 000 Nord et le parc serait reconstitué. Le projet de passerelle porté par la mairie y contribue.…

Textes : Nicolas Liébault ; images : collectif Holos
 

Ce qui rend possible la transformation des autoroutes

Autoroute Holos
Texte

La mise en place d’une « chaussée communale » implique de réduire le nombre de véhicules. Or, le collectif Holos anticipe un déplacement par heure de pointe sur l’A1 qui passerait de 7 800 usager-ère-s aujourd’hui à… 16 600 usagers en 2050. La solution ? Il est possible selon lui de passer de 1,1 usager-ère par véhicule à 2,3 dans la même période. Mais ceci implique un transport massifié de type  covoiturage, pistes cyclables et bus à haut niveau de service (BHNS). Pour cela, le report multimodal, à savoir la connexion entre différents types de transports, est essentiel : pour les parcours de faible distance, il permettrait notamment de franchir l’ex-autoroute. Ainsi, l’échangeur actuel entre la N301 et l’A1 pourrait être transformé en un pôle multimodal, en les reliant à une station de BHNS, à la gare du Grand Paris Express, aux bus locaux, à un parking relais, au covoiturage, à un parking vélos et à des agences de location de voitures. La présence de ce pôle favoriserait l’espace public autour. D’autant que le gain de réserve foncière dégagée par la fin de l’autoroute permettrait l’implantation de nouvelles activités… et donc le financement en retour de la transformation routière. CQFD.
 

UNE CONSULTATION INTERNATIONALE

La mise à plat s’est voulue totale. En 2019, une consultation internationale sur « Les routes du futur du Grand Paris » a été organisée par le Forum métropolitain du Grand Paris. L’objectif : faire émerger des propositions pour optimiser plus de 1 000 kilomètres du réseau routier francilien et lutter contre ses nuisances, cela aux horizons 2030 et 2050. Le clou de la consultation a été, en octobre 2019, une exposition au Pavillon de l’Arsenal. Quatre groupements se sont partagé les secteurs géographiques, dont le collectif Holos pour le territoire situé du nord du périphérique. Un collectif piloté par un concepteur, l’agence d’architecture, d’urbanisme et de paysage Richez Associés, accompagné de différents partenaires et d’experts.

LES FONCTIONS POSSIBLES D’UNE « CHAUSSÉE COMMUNALE »

graphique autoroute Holos