Nuits des écoles le 7 mai

Nuits des écoles le 7 mai

Mobilisation contre la loi Blanquer

Journées « écoles mortes », manifestations, interpellations des autorités : la mobilisation des parents, enseignants, élu.e.s contre les réformes Blanquer et la baisse des moyens pour l’éducation se poursuit.

« Mener la lutte pour tous les enfants / L’école publique n’est pas l’école des feignants / La loi Blanquer, faut la mettre par terre / Refuser la galère / La Courneuve se laisse pas faire ! ». La mobilisation contre les réformes Blanquer dans l’Éducation nationale et la baisse des moyens à la rentrée prochaine conjugue inspiration et imagination, avec cette chanson écrite par des instituteur.trice.s de La Courneuve dont le refrain révèle la détermination.

Les enseignant.e.s des écoles, collèges, lycée de La Courneuve sont en première ligne de la mobilisation, avec de régulières journées de grève : le 4 avril dernier, 70 % des instituteur.trice.s de La Courneuve étaient en grève, deux collèges sur trois et le lycée Jacques-Brel étaient fermés. « Nos attentes sont claires: nous voulons des moyens adaptés à la réussite de nos élèves et que l'école de la confiance ne soit pas synonyme d'économies, d'autoritarisme et d'inégalités d'un établissement à l'autre », a écrit l’équipe enseignante du collège Jean-Vilar dans une lettre ouverte au ministre de l’Éducation.

Le 9 avril, plus de 150 enseignant.e.s d’une quinzaine de villes de Seine-Saint-Denis, dont évidemment La Courneuve, sont allé.e.s demander un rendez-vous à la direction académique, à Bobigny. En réponse, c’est la police qui est venue les déloger.

De nombreux parents de La Courneuve ont compris que les profs ne peuvent mener seul.e.s la bataille pour l’école : ils et elles sont nombreux.ses à se mobiliser « pour l’avenir de nos enfants ». Par exemple en participant à la journée « école déserte » du 12 avril dernier : très peu d’enfants sont venus dans les écoles, aucuns collégien.ne.s à Jean-Vilar et de lycéen.ne.s à Jacques-Brel, dont certain.e.s ont même accompagné la délégation qui s’est rassemblée devant le rectorat de Créteil. D’autres encore ont participé en traduisant les tracts expliquant la mobilisation pour les parents chinois, tamouls, etc. qui ne maîtrisent pas le français.

La municipalité de La Courneuve (qui vient de publier un « Atlas des inégalités territoriales », pour démontrer comment l’État pratique une discrimination à l’égard des populations les plus fragiles, lire le supplément joint) soutient totalement le mouvement. Les réformes Blanquer et les moyens annoncés à la rentrée pour les établissements scolaires courneuviens sont « une attaque en règle, de la maternelle jusqu’au lycée », dénonce ainsi Gilles Poux, le maire, lors d’une conférence de presse, le 4 avril. Il a d’ailleurs demandé une audience au rectorat, sans réponse à ce jour.

C’est dans ce contexte qu’arrivent les vacances de printemps. Les parents et les enseignant.e.s se préparent, à organiser, dès la rentrée, des « nuits des écoles », dont une aura lieu le mardi 7 mai prochain. Parce que « de la maternelle au lycée / on est tous mobilisés / pour ne pas être éliminés / par les technocrates des beaux quartiers », comme dit leur chanson de combat.

 

Pour se tenir informé.e :

Facebook : collectif « Touche pas ma ZEP », « clg Jean Vilar La Courneuve en grève », « collège Georges Politzer La Courneuve en colère », « Bienvenue au collège ghetto de Drancy ».

 

Loi Blanquer

Une réforme qui aggrave la situation

Le projet de loi « sur l’école de la confiance » (son nom officiel) a été voté par l’Assemblée nationale en première lecture en février. Il sera discuté au Sénat mi-mai. Il n’est donc pas encore adopté et peut être transformé. Les parents et enseignant-e-s de La Courneuve ont listé les réformes de Blanquer et les conséquences de sa politique. Quelques-unes de ces mesures :

Dans le primaire. • La fonction de directeur-rice d’école sera assumée par le-la principal-e du collège de secteur, qui ne connaîtra pas les élèves. • Les Villes devront financer les écoles privées au détriment du public.

Au collège. • Baisse des moyens et suppression de postes alors que le nombre d’élèves augmente (également dans les lycées). • Les classes seront surchargées, les cours en demi-groupes supprimés ainsi que les ateliers sciences, théâtre, etc.

Au lycée. • La suppression du bac national aggrave les inégalités et la ségrégation sociale. • Parcoursup organise le tri social et empêche les élèves de La Courneuve de choisir leur université.

Au lycée professionnel. • Les enseignements généraux sont quasiment supprimés : les élèves des lycées professionnels pourront plus difficilement faire des études supérieures.

Plus d’infos : la Fédération des conseils de parents d’élèves met régulièrement en ligne des éclairages ou des analyses sur ce projet de loi dans les rubriques « Actualités » ou « Derniers communiqués » de son site : www.fcpe.asso.fr